Etat de la France.
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îtivicres.La Saine.
Fr a N. ment composez de Hêtres, Chênes & Sapins. Cependant les dégradations qui se commettentCo M T. dans les exploitations & les abus extraordinaires qui s’y pratiquent, font craindre avecraison que la Province n’en vienne à manquer, n’y ayant déja plus de bois propres àbâtir dans le Voisinage des grandes Villes.
On compte en Franche-Comté cinq Rivières principales, dont la Saône feule portebatteau. Elle naît dans la Lorraine, dans la Montagne de Vosge, entre en Comtésu lieu de Jouvelle, cottoye le Baíîìgny & lè Duché de Bourgogne & va se rendredans le Rhône à Lyon. Les batteaux remontent jusqu’à Cendrecourt dans les forteseaux, mais ordinairement ils ne passent point Port fur Saône, & de là en baissant lariviere porte aisément 60 ou 4 vingt milliers jusqu’à Cray, où elle devient assez fortejusqu’à 150 : Mais cette navigation a toujours de grandes incommoditez, parce qu’en
Eté les eauX font très-basses & qu’en hyver le cours de cette Riviere érant très-lenr,elle gèle très-aisément ; outre qu’elle est sujette à des crues d’eaux & à des déborde-mens qui la rendent impraticable durant 3 mois. On compte 6 forges & 16 mou-lins fur le cours de cette Riviere, qui nuisent beaucoup à la Navigation, parce que lesEcluses en font mal faites. II seroit pourtant aisé d’y remedier avec une legere dé-
Lo'gmm P er, f e - Les autres rivières de la Comté font le Lougnon, qui vient de. la Vosge,passe à Luze, Montbaron, Marnay & Pesme & se jette dans la Saône à Talnay. Celle-ci sert à flotter des bois pour la Marïfie, mais ne peut pas être rendue navigable.
Le Deux Doux qui prend fa source dans le Prieuré de Moíhe au Mont Jura, passe à Pon-tarlier, fait ensuite un grand tour le long de la Suisse, du Porentruy & de Montbeli-ard, & revient traverser la Province par Cerval, Beaune, Bezançon & Dole, d’oùil se rend dans la Saône à Verdun, ville de la Duché. Tout le Monde convient qu’ilpourroit être rendu Navigable dès Monbeliard. Le Roi l’a fait visiter & former undevis de la dépense qu’il y auroit a faire pour cela ; mais le dissein en a été aban-donné dans la fuite & l’Auteur fait voir que ça été fort justement, parce que leRoi, ni la Province n’en auroient pas tiré une utilité proportionnée à la dépense. Eneffet comme jusqu’à Dole il ne traverse qu’un mauvais pays qui ne produit rien dont ledébit soit nécessaire, son usage se réduiroit à servir de voiture à des Marchandises quise tirent de Lyon pour l’Allemange. Mais c’est cela même qui découvre l’utilité dece travail pour la Province : Attendu que le Commerce des rivières n’est avantageuxque pour le débit des Marchandises qu’on prend chez foi, & que les retours ne font comptezque pour les fraixdes voitures. D’alleurs, Les Marchandises de Lyon pour l’AllemagneOnt une autre route, remontant à Gray par laSaone, d’où elles passent en voiture à Mont-beliard, & le chemin de Bezançon ne seroit plus court que celui-là que de 3 ou 4 lieues.La Louve La Louve & le Dain font deux autres rivières, dont la 1 . se jette dans la Saône && k Dam. la 2. dans le Rhosne, après avoir traversé le Bugey. L’une & l’autre ne peut servir qu’àfaire flotter des bois pour la Marine & encore très-difficilement. II y a -Tailleurs untnombre infini de ruisseaux dans la Province, qui fans être d’aucune utilité au Com-merce, forment d’éxcellentes prairies qui produisent des fourages très-abondans.
État de L’Auteur passe d’abord, après cette description générale, à l’explication des 3 sortesïEglifi. de Gouvernements de cette Province, l’Ecclésiastique, le Militaire & le Civil. Par’ rapport au premier, il dit que l’étenduë de la Comté de Bourgogne se trouve soumise à
5 Diocèses différons, Bezançon, Lyon, Bourg, Lausanne & Toul.
Anhev. d e Bezançon est un liège Archiépiscopal Métropolitain, dont les Evêchez de Lausanne,Utzanccn. g a q e A. c j e p )C U a y font suffragans. II y en avoit autrefois un quatrième, qui étoitcelui de Windisch en Suisse, mais il a été supprimé depuis plusieurs siécles & uni àcelui de Constance en Allemagne, l’Archevêque de Bezançon est électif par son Chapi-tre, suivant le Concordat Germanique qui est reçu dans cette Eglise pour tous les béné-fices qui en dependent -, mais comme son Diocèse est fort étendu, il se choisit entre sessuffragans ordinaires, un suffragant particulier qui est revêtu du titre in partïbus , pour
l’aider