Etat de la France.
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judiciable à la Province, qu’elle n’est fondée sur aucune juste raison. Les foins & fou- Francherages font très-abondans dans toutes les plaines de la Comté,surtout aux bords des Rivières Comte .de Saône, du Doux & de L’Ougnon. Cependant on n’y éléve que très-peu de bestiaux. f'"'L’experience fait meme connoitre que les Vaches qui font grandes & grasses dans laMontagne où elles ne paissent que des herbes courtes, dépérissent insensiblement quandelles font réduites aux fourages de la plaine. Ainsi le meilleur usage qu’on en puisse faire,est de les faire consommer par les troupes de Cavalerie qui y viennent en quartier d’hy-ver, lesquels y apportent de l’argent, non seulement par cette espèce de consommation,mais par celles de toutes les autres denrées du pays. A l’égard des Vins, ceux d u bail- vins.lage de Vezoul, Gray 3 c Dole, font enlevez ordinairement par les Lorrains, mais ceuxde Poligny, Arbois & Ornans vont dans la Montagne où il n’en croit pas. La consom-mation des Vins est fort grande dans la Ville de Bezançon, puisque le vignoble des en-virons n’y suffit pas & qu’elle en tire quantité des baillages voisins. II faut observer engénéral que ces vins deviennent beaucoup meilleurs quand ils font gardez 5 ou 6 ans.
Les Marchands qui ont la force & la commodité de les laisser meurir avant de les mettreen vente, y font de grands profits, & l’Auteur assure que les plus riches familles de Be-zançon fe font élevées par le commerce qu’elles en ont fait. II ajoute que les Lorrainsont pris l’habitude depuis quelques années de se fournir de vins dans le Mâconnois, a 11préjudice de la Comté d’où ils n’en tirent presque plus.
íls y a dans la Province, fur les Rivières de la Saône, du Doux, de la Loire, Sc del’Ougnon, environ 30 forges, ou fourneaux, où l’on fabrique une très-grande quantitéde fer & de très-bonne qualité. L’on en tire beaucoup de la Marine, aussi bien que desbombes & des boulets pour l’Artillerie. La Marine tire aussi de la Comté des bois pour Bgiula construction des Vaisseaux, des mats & quantité de merrins pour les tonneaux. Onfait flotter les uns Sc les autres fur la Louve jusqu’à son embouchure dans la Saône qui lesporte ensuite à Lyon.
A l’égard des pays de Montagne, iì y a peu d’endroits pour ne pas dire point, où les fromagespâturages soient meilleurs.. C’est auffi la feule ressource qu’ayent les habitans qui font V besti-commerce de bestiaux gras Sc maigres, de beurre 8c de Fromages. Les derniers en fabri-*"*"qu en t en des lieux qu’on nomme Gruyères, qui fe débitent par tout le Royaume fous lenom de fromages de Gruëres. Les Paysans ont gagné tres-considérablement pendant laguerre à les porter eux-mêmes dans les armées d’Italie Sc d’Allemagne. A l’égard des Va-ches, quand elles deviennent vieilles, ou qu’elles cessent de donner une certaine quantitéde laict, on les engraisiè, & les Marchands de Suisse, de Lorraine & d’Alsace viennent lesacheter. Ceux qui étoient chargez de la fourniture des viandes pour les armées, en ont en-levé une grande quantité pendant la guerre. Les Veaux qui fe consomment à Bezançon &dans toute la plaine, fe tirent aussi de la Montagne. Les Cochons entrent aussi dans cecommerce, parce que les paysans y en enlèvent & en engraissent de grandes quantitez Scdébitent leur lard avantageusement dans les armées. Mais ce qui enrichit bien davantage Harasle canton est le grand commerce qui s’y fait des chevaux. II y a 272 Etalons fournis parle Roi Sc entretenus par des particuliers, à qui l’on en confie la garde à certaines conditionsSc privilèges. On y compté 9165 Cavales portières & approuvées par le Directeur desHaras. L’Auteur assure que dans le 3 dernieres années qui ont précédé son mémoire,l’une portant l’autre, il est sorti de ces Cavales environ 5000 poulains qui ont été en-levez â Page de 6 mois par les Marchands de Brie, de Champagne Sc de Berry. De pl usles Rouliers de ces Provinces y ont pris annuellement 500 Chevaux entiers pour les char-rois, les troupes de Cavalerie 8c de Dragons qui étoient en quartier dans la Comté, aussibien qu’une partie de celle de Lorraine Sc de Dauphine y font annuellement leur remonte& l’on en peut estimer la consommation à 2000 Chevaux par an. De plus on y a levé tousles ans 12 à i 5 oo Cavales pour les Vivres & l’Artillerie, Sc dans la feule année 1696, on entira 4000 pour la Campagne, lesquelles coutoient au Roi de prix fait 226 1 . dont les Fntre-preneurs en payoient 215. A la vérité tous les Chevaux de remonte 8c de charroi n’ont pas
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