EXTRAIT
D U
MEMOIRE
DE LA
PROV
I
N C E
d ’ALSACE.
Dressé par ordre de Monseigneur le Due de Bourgogne
en 1698.
Par Monsieur de la Ho us s aye, Intendant
L ’ALS ACE est située le long du Rhin qu’elle a à l’Orient, & qui la séparé Alsace.du Brisgau ; elle confine à la Suisse par les Cantons de Balle & de Soleurre ;au Montbeillard & à la Comté de Bourgogne vers le Midi ; à la Lorrainepar l’Occident, & à l’Evéché de Spire au Palátinat du Rhin du côté du Sep-tentrion. La longueur de cette belle Province depuis Ressort jusqu’à Landau, ôu de-puis Hunipgue jusqu’à Gomeríheim est de 4 6 lieues, mais la largeur ri’estquede 12 deHuningue à Ressort, ou bien du Fort Louis à Lichtemberg, elle n’eh a dans le resteque quatre ou cinq. Les Rivières qui coulent dans cette étendue font le Rhin, Pun des Ses Rí -plus beaux fleuves de l’Europe, qui la séparé du Brisgau & du Lortenac depuis Rhin- m:res 'seldt & les Villes frontières jusqu’à Phortzeim & les montagnes qui font entre le Duchéde Wirtemberg & le Marquisat de Bade. Le Roi ne possede rien au de-íà du Rhinque les Villes de Fribourg, de Brissac&de Philiíbourg, qui est beaucoup plus bas queles autres-, ce que dit là l’Auteur marque assez qu’il a écrit avant la Paix, puis queces Places ont été cedées par l e Traité de Rifwik, & que le Roi ne possede à' présentBrissac qu’au droit d’une nouvelle conquête. Le Rhin sert de barrière au Pais pendantla guerre, il est navigable & le seroit plus commodément s’ilétoit moins sujet à des cruesd’eau, qui le font enfler de 7 à 8 piez en 24 heures, & rendent toujours alors la navi-gation périlleuse, il est d’ailleurs si rapide, que les bateaux ont beaucoup de peine à re-monter, mais cette rapidité fe ralentit à mesure qu’il s’éloigne de la source -, d’ailleursses crues sont très-incommodes à la haute Alsace, parce qu’elles portent avec elles un sa-blon qui rend les terres infertiles, outre qu’elles dégradent les fortifications des Places &obligent à de grandes dépenses : son cours jusqu’à Philiíbourg est rempli d’Isies couver-tes de bois, lesquelles ne font habitées que de pauvres gens qui subsistent del’or qu’ilstrouvent dans le fable après les inondations. On peut bien juger qu’ils n’en trouvent
Tom. I.
gueres,