E T A T DE LA F R A N C E.
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ìe Comte de Truckses, st Abbé d’Olez & un Comte de Salins. Les Capitulasses font Alsacè.obligez pour gagner leur compétence de résider trois mois de l’année fur le territoirede l’Evêché & d’assister 60 fois à l’Eglife, ils vivoient autrefois en Communauté, &ontconservé cette réglé plus long tems que les autres Cathédrales, les Maisons communes& les Cloîtres où ils demeuroient font encore en leur entier & occupez par les Jésuites,on les nomme à Strasbourg le Bruder-boff ou la maison des Freres, on a encore l’an-cien regître du Réfectoire, où la maniéré dont ils dévoient être servis & le rang qu’iístenoient sont prescrites, PEmpereur Henri II, qui les visita, fut si édifié de leur conduitequ’il formaste dessein d’abdiqmr l’Empire & de passer fa vie avec eux, mais ayant étérappelle par tous ces Princes, il fonda ce que l'on appelle la Prébende Royale, au su-jet de laquelle il y a procès au Conseil pour sçavoir à qui appartient le droit d’y pour-voir, du Roi ou du Prévôt: il est certain que les anciens Empereurs avoient le droit dePrésentation, mais quelque négligence de leur part ayant mis le Prévôt dans la posses-sion de la conférer, Charles-Quint y voulut rentrer, & fur l’opposition du Prévôt &du Chapitre, le procès porté à Rome, le Chapitre obtint jugement à la Rote à son pro-fit par défaut, les Empereurs ont de leur part obtenu des arrêts de la Chambre Impé-riale, de forte que pour soutenir ce droit qui a été abandonné par l’Empire au Roi, SaMajesté y a pourvu de sa part, mais dans le Brevet on y a inféré que le pourvu auroitvoix active & passive dans les Elections, ce qui a fait à présent deux matières de con-testation au lieu d'une, l’instance est pendante au Conseil, sur quoi l’Auteur ouvrant li-brement son avis, croit que comme on mr-peut disputer le Benesice au pourvu du Roi,au contraire on ne peut lui accorder la voix passive sur le simple énoncé des titres, sice n’est par induction & par des conséquences qui lui paroissent bien éloignées.
Le bas Clergé de cette Eglise étoit en très-grand nombre autrefois, il y avoir 72 ^ àVicaires & 40 Chapelains, mais les malheurs de la guerre & de l’hérésie les ont tellement ' rge 'diminuez, outre qu’on a uni plusieurs Vicaires & Chapelles à de nouvelles Communautez,tels que les Jésuites de Malíheim &c. que l’on avoit réduit les Vicaires à 12 seulement,l’on a augmenté jusqu’à 20 depuis le retour du Chapitre dans la Cathédrale, & ce fonteux qui y font l’office accompagnez de 5 ou 6 Chapelains qui y restent, ceux-ci ont500I. les autres 400 1 . en argent, 60 sacs de grain & un foudre de vin. Le Corps desVicaires est gouverné par un Senior & deux Députez électifs chaque année qui rendentcompte au Corps de la Communauté, voilà tout ce que l’Auteur donne fur l’état pré-sent de la Cathédrale. A l’égard des revenus, il ajoute que l’Evêque jouît encore de250000 1 . & qu’il pouvoit être porté jusqu’à 300000 1 . le Chapitre de 100000 1 . & lebas Chœur de 40000 1 . ce qui revient à 390000 1 . en total, non compris 40000 1 . pourl’entretien & fabrique perpétuelle de la Cathédrale. Comme ce dernier revenu a été ôtéà l’Abbaye des Chanoines de S. Etienne pour l’unir à la Cathédrale qui l’a ensuite cé-dé à la Ville, l’Auteur juge qu’il faudroit remettre les choses dans leur ancien état, ren-dre à la Maison de S. Etienne ce qui lui appartenoit, décharger la Ville des réparations& augmenter le nombre des Vicaires jufqu’à 60, c’estàdire, fans s’éxpliquer, qu’il trou-ve l’Evêque assez riche pour satisfaire à ces nouvelles dépenses.
La plus considérable Abbaye du Diocèse de Strasbourg est celle d’Andelau fondée Abbays.l’an 880. par Hmperatrice Richarde femme de PEmpereur Charles le Gros, laquelle on D ‘ mdelau -reconnoit pour Sainte. Cette Princesse ayant été tuai à propos accusée d’adultere, parson mari, & justifiée pleinement de ce crime, se sépara d’avec lui, & elle employa sadota la fondation de ce Monastère, où elle acheva ses jours, cette Maison suivoitpre-mierement la règle de S. Benoît, à présent elle est possédée par 12 Dames Chanoinessesqui vivent fans vœux & fans clôture, sous le Gouvernement d’une Abbesse, laquelle estreconnue Princesse de l’Empire, & en cette qualité a voix dans l’Assemblée des Diet-tes, avec la singularité de ne jamais rien payer des taxes qui y font imposées, celle qu]l’est à présent est de J a Maison de Beroldungon élue dès l’année 1666 ; les Chanoinesses
y font