Etat de la France, gg ï
Magistrats, ce qui monte à 500001. 4". à l’entretien des bâtimens publics, y compris ce- Alsace.lui des anciennes gratifications, pourquoi il se consomme 800001. 5 . au payement des400001. faisant partie des 5000001. accordées au Roi pour la suppression des Charges denouvelle création dans la Province. Ces articles ne montent en total qu’à 370000I. ainstcomme il y a encore du revenant bon, il est d’usage de Remployer quand il S ’en trouveau raquit de quelque capital des dettes de cette Ville. A l’égard de la vente du sel, il estbon ici d 1 expliquer que le Magistrat a droit de Tacheter où il lui plait, il le tiroir ci-devantdes st lin es du Tiro), mais à présent il le fait venir de Lorraine, où il ne lui revient enachat & frais de voiture qu’a 16 1. la mesure, qui contient environ le tiers du muid, il ] erevend aux Bourgeois 281.16 s. ce qui fait un profit annuel d’environ 60000 1 . fur lesquellesle Magistrat acquitte les intérçts de 3000001. qu’il a emprunté durant la guerre en hypo-théquant ses magasins. La seconde espèce de revenu de la Ville de Strasbourg, est celuiqu’elle tire des biens Ecclésiastiques, dont elle s’est emparée, lequel monte année com-mune à 100 ou 1200001. la propriété de ces biens lui a été abandonnée par le Traité deMunster, ainsi qu’aux autres Protestans de R Allemagne, & ils font appliquez i°. au GrandHôpital-, 2. à celui des Verolez ; z', à la maison des orphelins ; 4 0 . à l’Hópital des pè-lerins ou paffans ; § è à la fondation de S. Marc, où se distribuent les aumônes aux pau-vres honteux, & enfin à Rétablissement des basses Classes, à l’entretien des Docteurs, deSMinistres, d’un Séminaire pour les jeunes Prédicans & d’un certain nombre de pauvres éco-liers, il est certain que rien n’a plus apporté de profit à la Ville que Rétablissement de ceCollege en forme d’Université, à cause du grand abord de Jeunesse de toute condition &de toutes les parties de R Allemagne, & même de Dannemarc & de Suede ; on espere qu’àla paix elle deviendra aussi florissante que par le passé, sur tout si l’on continue d’y ensei-gner les exercices militaires à la jeune Noblesse. 11 sembleroit que la situation de Stras-bourg dans le Pais du monde le plus fertile, & au bord d’une grande ríviere qui favoriseson Commerce jusques en Hollande & en Angleterre, devoit la peupler de riches négoci-ans, toutefois il s’y en trouve fort peu 14 parce que nul Marchand ne peut faire un commercepour son seul compte à peine d’amende ; 2". parce que tout habitant de Strasbourg est obli-gé de donner chaque année un état au vrai de ses biens mobiliers & immobiliers, à peinede confiscation de ce qu’il n’auroit pas exprimé ; cet ordre, qui est établi pour le regle-ment de la taille Bourgeoise, empêche qu’ils ne soient aussi actif, pour leur profit qu’onl’est ailleurs -, z", enfin parce que l a navigation du Rhin n’est pas aussi avantageuse qu’onle pourroit croire, le grand nombre des péages qui ont été établis depuis la guerre deSuede, dans les Souverainetez que ce fleuve arrose, augmentant les fraix de la navigationau point de les égaler à ceux des voitures de terre, c’est pourquoi si d’une part les Bour-geois font aisez & vivent commodément, de l’autre les moyens de faire une grosse for-tune semblent leur être tout à fait ôtez, aussi ne paroit-il pas qu’ils ayent aucune envie deparvenir, ne songeant tous en général qu’à vivre doucement Sc en tranquillité.
La Ville de Colmar située au milieu de la plaine d’Alsace près del’Ill & à une grandelieue de la montagne, étoit autrefois Impériale : elle est composée de 800 maisons, con-tient 1078 familles & 7 1 4 2 personnes, le Roi, s’en étant rendu maître en conséquence duTraité de Munster, en fit raser les fortifications en 1673. à cause du voisinage deBrissac.
Cette Ville que quelques-uns croyent bâtie des ruines de l’ancienne Argentuaria , fut au-trefois le théâtre de la victoire remportée furies Allemands par l’Empereur Gratien, depuisruinée par Attila, Sc enfin soumise par Clovis aux François, elle n’étoit pas alors à l’en-droit qu’elle occupe à présent, mais au lieu où George Duc de Wirtemberg fit bâtir en1543. le Château de Hoíbourg de l’autre côté de l’Ul, elle fut environnée de murailles sousle Régné de Frédéric II. par ses ordres & par le Ministère de Volfelny, lors Prefet deHa-guenau, elle féconda sous le Régné d'Albert I. la révolte d'Adolphe de Nassau, & par unefuite de la guerre sor ruinée une quatrième fois, puis rétablie par le même Adolphe, sonGouvernement est entre les mains d’un Prêteur Royal, de six Bourguemaîtres, un Syndic
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