2.6 Etat de la France;
Caen. nardíns, de yoooliv. de revenu, Mr. L’Evéque de Lizieux en est Abbé. II y a pareiíle-trois Prieurez, celui de la Reyne de l’ordre de la Mercy, de 2000 liv. St. Froinont sim-ple, auíîì de 2000 liv. Et le troisième un Prieuré de Filles, à Thorigny, aulîy de 2000 liv-Les Pénitents de St. Lo, ont 1200liv. de rente: Le Nouvelles Catholiques n’ont d’autreCurez. bien que les gratifications du Roi. Les Curez de cette Election font presques tous réduitsà la Portion congrue. Le Nombre des Prêtres y est assez petit, n’y ayant ordinairementqu’un Vicaire en chaque Eglise- II y en a 30, dans la Ville de St. Lo, & l’on remarquequ’ils y ont très-peu de crédit quoi qu’honnêtes gens. On compte dans cette Election 40Seigneurs de Paroisses, 6c 240 autres Gentils-hommes particuliers; les autres Villages fontpossedez par les Ecclésiastiques.
Familles. II n’y a que deux maisons distinguées dans cette Election. Celle de Matignon, à laquelleappartient la Comté de T horigny, qui y est entrée par une Alliance de la maison de Maussy,au commencement du dernier Siécle, 6c celle de Caniíy Carbonnel, qui a une Antiquité de600 ans; celuy d’à présent étant le 17e. possesseur en ligne directe de la Terre de Canify.Ojfciers. L es Officiers de Judicature y sont en petit nombre, savoir, deux Lieutenants Généraux duBailly de Côtentin au Siège de St. Lo ; Sc deux Lieutenants généraux du Bailly de Caen,Ports. au Siège de Thorigny : Ils sont Gentils-hommes les uns Le les autres. II n’y a d’autres Portsdans cette Election que celui qui est nommé les Clefs de Vire, ce qui fait qu’il n’y a ni Mate.lots, ni Marchands trafiquants sor Mer; néanmoins quand le Roi a besoin de Matelots, onPeuple< prend les Bateliers de la Riviere. II ne paroit point que le Peuple ait été plus nombreux
qu’il Test aujourd hui, si ce n’est dans la Ville de St. Lo, où d’environ 800. Religionnairesil en a passé la moitié en Hollande 6c en Angleterre. Les fréquens passages des Soldats 6cles fortes Impositions que la Guerre a contraint de faire dans les Villes, sont auísi cause qu’unepartie des habitans sc sont retirez à la Campagne. II n’y a ni Douanne, ni Péage, dans cetteElection, mais seulement quelques reventes du sel blanc, qui est en uiage dans le Pais. LaVille de St. Lo a payé tous les ans pendant la Guenc xyooo liv. d Etapes 6c des quartiers dechemins, fourage de tems en teins. Les grands chemins de cette Election font difficiles, particulière-ment du côté de Carentan qui est un pays gras 6c rempli de pâturages. Cela fait un préju-dice si considérable au commerce, que l’on entreprit un pavé il y a 27 ans, mais il manquePonts. d’entretien 6c n’est pas assez étendu. Les Ponts sont presque tous ruinez 6c particulièrementcelui de Condol sor la Riviere, à demi Lieuë de St. Lo, — cette ruine a porté un préjudice
si notable au commerce, que celui de Bretagne est entierement interrompu: cela a Obligé de
presenter des requêtes au Conseil pour son rétablissement; mais le malheur du tems en a jus.qu’à présent empêché l’effet. Les Foires considérables font celles de St. Lo, de Tessy, deThorigni, 6c de Cerisi l’Abbaye.
Eleíiion dt L’Election de Carentan est une des moindres de la Généralité, ne contenant que 97 pa-
carentan. l'oifies en tout ; elle est bornée au Levant par la Mer nommée la Manche 6c regarde les Iísots« ornes. ^ ^ Marcou qui sont à l’embouchure de la Riviere de Vire, qui la sépare au midy de l’Ele-ction de St. Lo : au couchant elle a pareillement la Mer d’Aval, les rades de la Mer du Le-vant sont plates, il n ’y peut mouiller que de petits bateaux de Pêcheurs. II y a un Port àRivières, l’embouchure de la Riviere, nommée l’Ettemère où il sc voyoit des Vaisseaux de 200 tonneaux,mais à présent il n’y en vient aucun : cette même riviere, qui vient de Carentan portoit des Bâ-timens de 70 à 60 tonneaux, mais on n’y en voit plus. Elle sc sépare avant d’arriver à laMer. L’une de ses branches, qui a un Pont 6c une Chaussée considérable, se nomme laDouve; son passage est très-périlleux. II y avoit autrefois un château pour le garder. II ySon cli- a une autre riviere qui est moins considérable. Le Climat de cette Election est assez favo-mat ‘ rable; son terrain est tellement diversifié de Bois, de Pâture, de Plantage 6c de Labeurs,que l’Auteur a cru n’en pouvoir rendre un compte fidelle, qu’en l’éxaminant dans chaque Pa-roisse, outre que ce travail est très-ennuyeux, il m'a paru si inutile que je ne l’ai point suivi.Naturel Ce qn’il remarque du naturel des Peuples, est plus sensé: il dit qu’ils sont pezans 6c paresseux,des Peu- adroits & laborieux, selon les lieux qu’ils habitent ; il prétend que ceux à qui Industrie est? les ’ nécessaire pour vivre 6c pour payer les Impôts, se font plus aisément que ceux qui vivent dans
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