64 Etat de la France.
B r e- sidcrables, ainfy que de k Noblesse 8c des Moeurs des habitans. L’Evêché de Rennes esttagne.^ composé de 2.2z paroisses, non compris celles des villes j II est situé tout entier dans le milieudes terres, en forte qu’il ne fe ressent presque point du voisinage de la Mer, on y recueille desBleds, Seigle Sc Froment, des Avoines Sc quantité de Sarrazins ; mais il ne s’en fait que peude Commerce au dehors, la nourriture des Vaches Sc le débit des Beures font de quelque uti-lité à ce pays ; on fait passer du beure jufqu’a Paris durant le Carefme, c’est ce qu’on appelle,Ses^uanu- fi> eure de firevalaye. II y a trois ou quatre fortes de Manufactures, qui y attiroient avant laGuerre un commerce avantageux, le détail en fera connoître la Chute 8c les moyens propresTailles à le rétablir. La premiere manufacture est celle des Toilles, que l'on nomme Noyales, duNayales. nom ^ ^oyal, village à deux lieues de Rennes, qui étoit le lieu ou l’on en fabriquoit davan-tage. Ce font de grosses toilles, écrues, propres à faire des voilles de Vaisseaux, ii yen a troisefpeces, de 6 fils, de 4, 8c de simple. II y a vingt ans qu’il s’en débitoit par année pour 5ou 400000 liv. mais cela est tellement diminué que ce Commerce ne va pas à présent à80000 liv. encore ne fait-on plus que des toilles de la derniere efpece qui se consommentà S. Malo pour les petits Bâtimens. La Cause de cette diminution est que non seulement lesHollandois 8c les Anglois qui en achetoient beaucoup, ont établi chez eux des Manufacturesde ces sortes de toilles, mais le Roi même s’en est voulu passer 8c a fait établir de pareilles Ma-nufactures pour lui dans le voisinage de ses Ports, dc forte que l’on enlève de l’Evêché deRennes les Chanvres en nature, avant qu’ils soient travaillez : Cela a tellement ruiné la fabri-que ancienne, que les Paysans du Pays ne sement plus en Chanvres le quart des Terres qu’ils yemployeur 8c qu’ils ont presque tout mis au Bled.
La seconde Manufacture est celle des Fils retors, pour coudre ; il y en a de blanc 8c decouleur, le Lin qui s’y employé croit aux environs de la petite ville de Becherel, 8c on entire aussi de Dinan; Ces fils font retors par des Moulins, pareils à ceux dont on se sert pourtordre la Soye, 8c teints par les ouvriers de Rennes, qui les débitent à Paris, Rouen, 8c lesautres grosses villes, en Espagne, en Angleterre 8c jusques dans les Indes 3 l’Auteur estime ledébit de cette manufacture jusqu’a 300000 liv.
Tailles de Les toilles de Vitré font une treizième efpece de commerce, elles font aussi écrues, commel “ re ' ses premieres 8c servent aux embalages 8c aux petites voiles des Vaisseaux 5 il en passe beau-coup en Angleterre 8c dans les Colonies d’Amérique: L’Auteur en estime le débit à yooooliv.ouvrages En dernier lieu, il y a dans la même ville de Vitré un commerce assez considérable de Gandsde fil. c ] c B as gç âe Chaussons de fiL à 1 a fabrique defquels toutes les femmes 8c filles du Pays fontoccupées, le fil qui y sert viekit de Quintin, on l’appelle fil de forêts ; ce commerce montejusqu’a 2.fooo liv. par an.
villes Hen- Les Villes de cette étendue font, Rennes, Capitale, Evêché & siège du Parlement; ce quíla rend considérable. Elle est fur les bords de la Rivière de Vilaine, qui est navigable jusqu’aRedon ôc la Mer, au moyen des Ecluses qui y ont été construites : elle sert à porter à Rennes,Tanger es. le Vin, le Bois, l’Ardoise 8c les Pierres, mais il n’en fort presque rien. Fougères est considé-rable par la Jurisdiction Royale qui y est établie Sc par le commerce des Cuirs qui sc répendentdans toute la Province ; ilya un Château qui fait un petit gouvernement fans aucune garni-vitré. son. Vitré, Siège de la premiere Baronnie de Bretagne, apartient au Duc de la Trimouille,aussi bien que la Vicomté de Rennes 8c le Marquisat d’Epinay, ce qui lui kit ensemble unétablissement très-considérable. Les autres villes de cet Evêché ne font proprement que desBourgs fermez Sc il ne s’y fait aucun commerce.
Terres con - Le Maréchal de Villeroy y possede la Guerche, du chef de íâ Famille 8c de la maison de
(idcmlles. g,qfs ac . c ’est une ville qui a droit de députer aux Etats : Le Duc de Brissac, la Baronnie deChatcau giron, qui est entrée dans fa maison par le mariage de Judith Daugné, heritiere dela branche ainée de ce nom, avec Charles Duc de Brissac, Maréchal de France. Le Marquisde Sevigni, Lieutenant de Roi au Comté Nantois, y possede la terre dont il porte le nom 8ccelle des Rochers : Le Marquis de Bordage, du nom de Montbourcher, y possede les deuxterres du Bordage 8c Montboucher. Monsieur de Guesclin, Lieutenant Colonel des Dra-gons de Bretagne, y a la terre de la Roberie, qu’il tient par succession directe de l’oncle duConnétable du même nom, dont il descend. 3 La