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Tome second.
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66 Etat de la France.

B r e- beaucoup près si considérable, il n’employe pas plus de 30 Navires, depuis 70 jusqu’ à 300t^gne. Tonneaux. Ils partent dans les mois de Juillet, Aoust, Décembre 6t Janvier, 6c font de re-tour en 3 ou 4 mois j de forte que la plufpart font deux voyages tous les ans» comme il nes’agit que de la Morue verte, c’est à dire fraîchement íâíée, les vaisseaux ne sc chargent quede Sels qu’ils prennent à Bourgneuf, 6c des vivres nécessaires à 1 a Subsistence de l’Equipage 5le gain des retours est fort inégal, scion l’abondance de la Pêche, qui met une telle disserencedans le prix, que le Millier de Morue, qui en contient 1240, ne vaut que 200 liv. quelque-fois, 6c quelquefois jufqu’à 1200liv. fur quoi il faut remarquer que les navires.de la Rochelle& d’Oleron, qui vont en terre Neuve au nombre de plus de 60, déchargent aussi dans la Ri*viere de Loire. Cette quantité de Morue passe non-sculement à toutes les Villes de la mêmeriviere, mais à Paris par le Canal, à Lyon, en Auvergne 6c par tout le Royaume; ce qui rendce commerce extrêmement considérable. Entre les Bâtimens qui vont en Terre Neuve lesuns vont uniquement en pêche, 6c pour lors ils ne portent que du Sel outre les victuailles,d’autres vont en Saque, c’est à dire, à la terre 6c à la Colonie de Plaisance; alors ils portentde toutes les marchandises qui y font propres, comme Biscuit, Farine, Vin, Sél, Eau de Vie,Lard, Bœufj Huile, Toilles, 6cc. 6c ils en rapportent des Morues sèches, que les habitans deTerre Neuve ont fait sécher; ce commerce sc fait par échange; les retours sc font en Escpagne, Portugal, Bourdeaux, & Nantes. La Morue seche vaut 2.0 liv. le quintal en Espagne:Surquoi il y a le quart des droits à payer aux Rois d’Efpagne 6c de Portugal, outre 10 pourcent de fraix de Commission, de forte qu’il y auroit peu de profit, puisque la même Moruevaut en France 14 liv. 6c iyliv. n’étoit que les navires qui passent en Espagne, y font unenouvelle Cargaison des Marchandises du Pays, en Portugal de Sucre, de Tabac de Brésil Scd’Huile d’Olive; en Espagne des efpeces d’Or Sc d’Argent, du Fer, de l’Huile, des Laines,de la Cochenille, du Savon 6cc. Les Morues feches qui reviennent à Nantes se débitent partout 6c singulièrement dans l’Auvergne 6c le Lyonnois, mais il n’en paísc preíque point àParis.

Outre le Commerce de l’Amerique, les Marchands de Nantes en ont un particulier enEspagne, à Bilboa, S. Sebastien, la Corogne, 6c fur toute 1 a Côte de Galice; mais il n’ypasse que des petits Bâtimens, chargez de Papier, de Toilles, d’Etoffes de Soye 6c dentellesor êc argent, de Sucre, Quincaillerie, Mercerie 6c même de Fayance, outre les grains quel'on y debite, quand il y a permission. On en rapporte des Efpeces, du Fer, des Laines,des peaux de Mouton, des Oranges 6c des Citrons, &c. St tout cela passe dans l’interieur duRoyaume par la Riviere de Loire. Cet article ne doit pas etre fini, lans remarquer qu’il yune Société établie depuis plus d’un Siécle entre les Marchands de Nantes 6c ceux de BilboaSomtí des f° us * e nom de Contractation: outre la Société, il y a un Tribunal, que l’on peut regarderMar- comme une Jurifdiction consulaire 6c en vertu de la Société un Marchand de Nantes se trou-Nmtest? vant à Bilboa, a droit d’assister à la Contractation 6c a voix de délibération, comme recipro-de Bilboa, qucment ceux de Bilboa ont le même droit à Nantes: c’est en faveur de cette Société, queles Laines d'Efpagne ne payent à Nantes qu’un droit fort leger 6c qu’en revanche les toilles deBretagne sont traitées fur le même pié à Bilboa. Ces deux Villes avoient autrefois des Bâti-mens communs, qui trafiquoient au profit de la Société, avec préférance entiere sor les autresBâtimens ; mais cet usage est cessé.

La Ville de Nantes entretient aussi commerce avec le Portugal, où elle envoyé les mêmesMarchandises qu’en Espagne 6c en retire à peu près les mêmes eípeces; mais il ne se fait quesor les Tartanes provençales, qui font en possession de naviguer de Lisbonne 6c Porto à Nan-tes, 6c d’en faire les retours.

Toutes les Nations du Nord de L’Europe ont aussi un sort grand Commerce à Nantes,des Etran- mais les Etrangers ne le font guere au profit des Marchands, ils ont leurs commissionnaires àgenaNan- eux & Pànrs de leur Nation, qui en tirent tout le profit 6c c’est ce qui détermine le Con-, seil à charger leurs vaisseaux du droit de y o Sols, par Tonneau, duquel les Hollandois ont été

En Espag-ne.

En Portu.gai.

Commerce

Deslandots.

depuis déchargez : ceux-ci apportent de la Canelle 6c toutes sortes d’épiceries, de l’Amidon,

3 * du