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Tome second.
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74 Etat de la France.

B r e- La Ville de S. Brieux Sc plusieurs Paroisses de l’Evécbé font situées fur la Côte Sc ont latagne facilité de recevoir des Vaisseaux du Port de 90 à 100 tonneaux: il y avoit autrefois des Mar-^“'T^J^chands qui trafíquoient en Espagne Sc en Hollande où ils portoient du Bled & du Miel; maisb„enx. d y a plus de vingt ans que ce commerce est entièrement cessé ; il n’y en reste d’autre quecelui des Toilles Sc du Fil, qui se fait principalement à Quintin Sc dans les Paroisses de Lon-deal, Uzel Sc à Lieval. Les Toilles qu’on y fait, font propres pour l’Efpagne Sc font por-tées par les Marchands de S. Malo à Cadix; elles sont de trois différentes largeurs, la pre-mière est de zy pouces depuis iy jufqu’a z 6 s. l’Aulne; la seconde de 3 quarts, depuis z fjufqu’à 40 s. la troisième de deux tiers, qui se vendent à la piece, n’étant que de y ou d Aulnes;l’augmentation ou diminution de leur prix ne se réglé que fur la consommation qui s’en faitaux Indes, où elles passent par Cadix Sc c’est de là que dépend tout ce commerce : celui desFils est austî très-considerable Sc se fait dans les marchez du Pays, à S. Brieux, Montcontour,Lamballe, Châtel, Audierne, Lamrelon, d’où il passe dans les fabriques des Toilles dansl’Evêché de Léon.

Rapport Celui-ci contient x z-j Paroisses, dont le territoire rapporte part tout quantité de Bled. Ledu lerres. Bays a aussi beaucoup d’Arbres Fruitiers, dont on fait du Cidre. II y a trois Forges considé-rables dans cette étendue, Londève, le Hardouinaye Sc Vau Blanc. Les villes qui y ontdroit de députation aux Etats font S. Brieux, Montcontour, Lamballe Sc Quintin: le Du-ché de Ponthieure, augmenté des Domaines de Lanion 6c Jugon, que le Comte de Toulousea acquis du Roi, en acquite la plus grande partie. Le Duc de Coeslin y possede la terre deCainbrec, qui est celle de son nom 6c origine; les Baronnies d’Avangour 8c Goeillo y ont leur* Ou Go- éxtention: le Maréchal de Villeroy y postede la Terre de * Goetenen qu’il a euè de la mai-mence ' son de Brissac; le Maréchal de Lorges celle de Quintin; le Comte de Rieux la Terre de laHunaudaye; le Marquis de Matignon la Terre de son Nom, qu’elle a communiqué à fa brancheentiere; le nom de la famille étant celui de Gauyon, qui est fort etenau en Bretagne; leMarquis de Coafquin y possede la Terre d’Ussel; le Marquis de Molac, ou plutôt ses héri-tiers, celles du Plessis, Eudes 8c de Goëbriant, ayant hérité du Maréchal de ce Nom, pai -fa Mere; le Marquis du Bordaye, le Marquisat de la Moússaye, du chef de fa Mere, heritiered’une branche de Gauyon, Cadete de Matignon; le Marquis de Vexeims Daudigné, établien Anjou, y postede la Perdie.

Kobhjfe. Les personnes qualifiées de ce Diocèzc, font le Marquis de Coetlogon ; le Marquis de laGeste, du nom de Gournay, l’un des Lieutenans de Roi de la Province; Le Vlarquis duPlessis de la Rivière, qui possede la Terre de Pleuve, & son parent, le Comte du Plessis ; leComte de Tonquedec du nom de Gendo; le S r . de Brevastîs, du nom de Vifdeloup; i e s*de Carcouet, du nom de Gargnon, Cadet de la Moustaye; & le S r . Deslos, du nom de Sa-vanget.

Evêché de L’Evêché de S. Malo est assez étendu, il comprend 160 Paroisses, la plupart au milieus. Malo. à terres 6c par conséquent hors de moyen défaire par elles-mêmes aucun commerce fur mer;mais comme la ville de S. Malo n’en est pas éloignée 6c que le négoce 8c les ar memens con-tinuels y entretiennent une grande consommation, elles ont l’avantage que leurs denrées sevendent à profit pour les gens de la Campagne : ces denrées consistent en Bleds 6c Grains enassez grande abondance, 8c en Bestiaux, fans parler des Fruits des Arbres dont le Communfait fa Boisson : mais à l’égard des Villages, qui sont fur la Côte de la Rivière de Coefnonjuíqu’à celle de l’Ogre, qui est de S. Brieux, il s ’y &it une Pefche considérable, qui est celle, des Maqucraux, où il y a au moins cent Bâtimens d’employez, depuis six Tonneaux jusqu avingt ; pendant qu’elle dure, ces petits Vaisseaux sortent le matin, 6c reviennent le foir :quand la Marée est bonne : le Poisson sc débite franc 6c salé, mais bien plus de la derniere fa-çon, puisqu’on le transporte en Normandie, où st s’en fait consommation: les Pêcheurs ven-dent le 100, depuis une jufqu’à Z. liv. 10. sols selon l’abondance : II y a une forge dans l’éten-duë de cet Evêché au Village de Pampon, dont le Fer approche de la qualité de celui d'Ef-■pagne; on y prend tout celui qui est nécessaire à l’Arcenal de Brest, que l’on conduit à lamer par Batteaux fur la Riviere Vilaine, & de là à Brest.