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Tome second.
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Etat de la France.

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connoître des matières du Domaine, recevoir les Foys Sc Hommages dûs au Roy 8c aíìister Limo-aux Adjudications des ouvrages publics, tels que les réparations des chemins, des ponts Sc des t G E ^ s ~ i

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Après ce détail, qui est aster, superficiel, l’Auteur entreprend de parler des Villes Sc des Détail âeï

Terres considérables de la Province dans l’ordre suivant. Limoges, qui en est la Capitale, si- v ^ ges>tuée à l’extrémité du Haut Limosin, fur la Riviere de Vienne, est ancienne, puisque Césaren fait mention dans ses Commentaires Sc que les Auteurs postérieurs en ont toujours parlé de-puis, quoy qu’avec changement, puisqu’au lieu de Rastïatum , ils l’ont appellé Lemovìx ; d’oùs’est formé celui qu’elle porte vulgairement. La situation de cette Ville semble être toutecontraire au Commerce, se trouvant dans un Pays difficile, éloignée de la Mer Sc fans rivierenavigable ; cependant l’industrie Sc le travail de ses Habitans supplée à ces défauts naturels, ilsse sont établis des correspondances qui la rendent le dépost de tout le commerce qui se fait deToulouse à Paris Sc de Lyon à la Rochelle, elle fait auffi celuy des sels qui de Brouage sontconduits dans toute l’Auvergne ; c’est en cela précisément que consiste sa richesse, car bail-leurs le negoce propre à la Ville de Limoges sc réduit à la tannerie, parce que l’on y préparefort bien les cuirs, on y fait aussi des Emaux fur cuivre qui auroient quelque beauté siles Ouvriers avoient plus de connoissance Sc de goût pour le Dessein Sc la Peinture > on y fai-soit autrefois quantité d'épingles, St il y avoit jusqu'à zo Maîtres épingliers qui entretenoientau moins iy à zo garçons chacun, mais le fil de laton que l’on tire des Pays étrangers étantdevenu fort cher depuis la guerre, ce négoce est entierement tombé Sc il n’en reste pas plusde quatre maisons ; il en est de même de la fabrique des boutons de soye, qui faìsoit subsisterplus de yoo personnes Sc qui est réduite à rien; mais d’ailleurs la Ville de Limoges tire avan-tage des marchandises qui se préparent dans son voisinage ; telles sont les gans de St. Junien,les draps & papiers de St. Bernard, le fer, les clouds de maréchal Ôc le fil d’archal. II estcertain qu’il n’y a point d’endroit dans le Royaume, où la mine de fer soit plus douce & plusliante qu’elle l’est en Limosin, 6c c’est ce qui fait que Paris en tire beaucoup, particulière-ment de celuy qui est à l’ufage des maréchaux. Le circuit de la Ville de Limoges §C de sesfauxbourgs est d’environ une lieuë ôc demie; dans cette étendue elle renferme zóoo maisons& 14000 Habitans; mais malgré ce grand Peuple, c’est une Ville obscure ÔC sale, dont leSrues font étroites, les maisons fort élevées avec des toits avancez qui dérobent la lumière. El-le est gouvernée par fix Consuls qui demeurent deux ans en charge & sont néanmoins renou-

veliez tous les ans au nombre de trois, ils doivent être choisis dans le Corps des Officiers, desBourgeois, 6c des Marchands, c’est a dire, qu’il y en a toujours deux de chacun de ces troisordres : ils font chargez, selon l’ufage du Limosin, de la Collecte des tailles 6c de toutes lesimpositions ordinaires. Le Roy avoit créé un Maire perpétuel pour cette Ville, comme danstoutes les autres du Royaume^ mais la Charge n’en a point été levée, on y a seulement éta-bli un Procureur du Roy 6c unGreffier. Cette Ville passoit ci-devant pour être riche, mais l’Au-teur lui rend un triste témoignage, qu’elle est à présent tout à fait epuifée par les impositions6c charges extraordinaires, qu’elle a payées durant la guerre, qu’il fait monter, seulement de-puis qu’il est en Intendant, à 4s 0000 liv. II ajoute qu’il faut efperer qu’à la paix les Habi-tans mettront à profit leurs talens d’oeconomie 6c d’industrie, en quoy ils excellent, pour serétablir dans l’état où ils étoient auparavant.

A ce détail il ajoute un petit mot de l’Histoire particulière de cette Ville, qui dès le temp s j gde Charle-magne a été soumise à des Comtes particuliers, s’il est vrai que le Comte Roger Limoges.l’un des Palatins, en ait été Seigneur; dans la fuite ces Comtes perdirent leur prééminencesà il paroit que les Vicomtes qui leur succédèrent devinrent Souverains de la Ville 8c de laProvince; le premier d’entr’eux est Geraud qui vivoit en çjf duquel la Postérité s’est conti-nuée jusqu’à Marie, Vicomtesse de Limoges, fille unique de Guy 4*- & de Marguerite de 'Bourgogne, laquelle épousa l’an izyy, Artus, Comte de Richemont, depuis Duc de Bretagnepere du Duc Jean 3 e - dit le Bon , mort fans enfans en 1341 & de Guy Comte de Penthievre*y e - du nom, Vicomte de Limoges, qui étant mort 10 ans avant son aîné, ne laissa de Jeanned’Avaugour qu’une fille Jeanne, boiteuse, épouse de St, Charles de Blois, lequel du Chef deT o m, IL M m se