Etat de la France.
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usage & comme les gens du Heu font peu curieux d’antiquité ou de recherches & que les Gens Rous-de guerre que le Roi emploie dans la Province ne le font pas davantage, 0 n a absolument , SIL ^° N -négligé de s’en mieux instruire.
L’Auteur finit son mémoire par des remarques fort sensées fur le genie 8c l e caractère desPeuples du Rouffilion, mais véritablement dignes d’un Intendant, c’est à dire d’un Ministredestiné à renverser Tordre commun pour substituer ses propres idées 8c ses maximes quoiqu’ilen puisse coûter à celui qui est sujet à l’obeissance. II dit donc que la Nation est générale-ment parlant belliqueuse 8c qu’elle poífede à un degré éminent les qualitez propres à faire debons soldats, qu’elle a beaucoup de hauteur, de fierté 8c de courage, qu’elle est accoutuméeà une vie dure 8c laborieuse 8c à une sobriété qui n’est pas mcme connue parmi nous, maisces belles dispositions font rendues inutiles par la férocité naturelle 8c T éducation sauvage 8cparticulière que la Jeunesse y reçoit, par le mépris qu’ils font des mœurs étrangères, par lahaine infinie qu’ils ont pour Tordre 8c la subordination, par leur aversion particulière pour laDomination Françoise 8c par leur attachement pour les mœurs Catalanes, qui est tel que Bar-celonne est leur bouflòle, en sorte qu’a 1 égard de la mode & du goût ils ne donnent leur ap-probation 8c leur estime qu’à ce qui vient de cette Ville ou à ce qui y est pratiqué. II n’ya point de particulier dans le Rouffilion qui ne soit armé 8c qui ne se serve de ses armes avecvaleur dans Toccasion 8c toujours avec beaucoup d’adresse, c’est ce qui fait penser à T Auteurque quelque confiance que Ton croie pouvoir prendre en eux veû leurs dispositionscommunes, il feroît beaucoup plus sûr de les désarmer 8c de les réduire à la culturedes terres & au Commerce. Les lieux où le Peuple paroit le plus mal intentioné fontPrat de Mouillou, Arles, Ceret & Prades, il n’en. est pas de même à Courtonge, quoique cesoit le poste le plus avancé vers la frontière, on y remarque que les Habitans sont véritable-ment affectionez à la France, mais de toutes les Places du Rouffilion il n’y en a point où lesHabitans & surtout la Noblesse aient plus véritablement le sang Espagnol qu’à Perpignan, cetesprit est répandu jusques dans le Conseil supérieur 8c Ton remarque même dans ses Jugemenstant au Civil qu’au Criminel l’extrême différence qu’il sçaìt mettre entre un naturel du Païs8c un François, de sorte qu’il est vrai de dire que Ton n’y souffre cette Nation Maîtresse quepar Timpossibilité d’en secouer le joug, lequel par conséquent est supporté avec une impati-ence & un mécontentement secret qui oblige VAuteur à repeter qu’il n’y aura jamais de véri-table scureté avec ces gens là qu’en les désarmant 8c les réduisant à 3a nécessité de se donner auCommerce. Pour cela il propose comme un premier tnoieu d’indispensable nécessité l’aboli-tion des droits d’entrée 8c de sortie établis à la frontière du Languedoc 8c du Rouffilion puis-que si Ton veut les appeller en France il est impraticable de leur en interdire les entrées- se-condement il seroit nécessaire que l’Intendant s’appliquai à former peu à peu des Compagniesde Commerce 8c qu’il favorisât leurs profits autant qu’il le pourroit avec justice. 3°' I] seroitutile comme T Auteur Ta dèja montré de remplir les Bcnefices d’autant de François naturels qu’il sopourroit. st 0, II faudroit attirer toute la jeune Noblesse en France,soit en Tattacìiant de bonne heureau service, soit en lui procurant l’éducation au College des 4 Nations 8c ailleurs íàns qu’il en coûtâtrien aux Familles. L’Auteur est toujours surpris quand il considéré que la Noblesse qui fait la plusdigne partie d’une Nation si belliqueuse passe toutefois fa vie dans une oisiveté 8c une fainéantisequi est au delà de tout ce qu’il en pourroit dire; il asscure de plus qu’il n’y a précisément dans 3 e Ser-vice du Roi du Corps de la Noblesse de la Province qu’un très-petit nombre d’Officiers quise trouvent dans le Régiment de Roial Rouffilion 8c que tous les autres croient avoir beau-coup fair 8c mérité d’extraordinaires récompenses quand ils ont donné leurs enfuis à M'- soGouverneur de la Province pour lui servir d’Aides de Camp pendant quelques campagnes, ouquand ils ont pris des Emplois dans les Corps de la Milice du Pais, fur le íùjet desquels il pr 0 _nonce nettement qu’il n’y auroit rien de meilleur à faire que de les casser & de les incorporerdans d’autres Regimens, dont ils scroient obligez de suivre so destin Sc par là de s’attacher auService même malgré eux. y°- L’Auteur seroit encore d’avis de supprimer le Conseil Souve-rain, 8c d’ajouter tous sos Pays de son ressort à celui du Parlement de Toulouse, on profite-r °it par ce moien du genie processif des Peuples du Rouffilion pour les faire passer frequem.
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