Etat de la France. 4ai
Domaine. Le Comte de Chatte qui fait la troisième Branche possede la Comté de Rouslîllon Da u-en Viennois érigée en Comté en 146s, en faveur de Louis bâtard de Bourbon Amiral de PHINé -France. Cette Terre consiste en sept grosses Parodies. II y auroit bien des choses à dire fur V ’~~ v ^la Maison de Clermont, qui est originairement une des bonnes de la Province, mais qui depuisun tems assez moderne a affecté une hauteur 8c une distinction qui a révolté bien des gens, furquoi l’on peut remarquer que les Seigneurs de Clermont étoient dans le principe non seulementFeudataires, mais Sujets de l’Eglise de Vienne. Qu’ Aimard II. Seigneur de Clermont fut é-levé par la faveur de l’Archevêque Guy de Bourgogne, lequel étant devenu Pape fous le nomde Calixte II. augmenta fa fortune par des privilèges 8c lui donna même une distinction ho-norable, en permettant que ses armoiries fussent chargées des clefs de St. Pierre, non pourl’avoir rétabli par fes armes comme on le prétend, mais pour l’avoir accompagné en Italie 8cavoir témoigné pour se personne un attachement auquel il crut devoir accorder quelque ré-compense honorable. Dans la siúte la puissance des Evêques de Vienne déclinant de jour enjour par le démembrement de quelque portion de leur Etat, que les Dauphins, les Comtes deSavoye, ou les autres Grands de la Province leur enlevoient, II est certain que les Seigneursde Clermont acquirent une espèce d’indépendance dans leurs terres, mais il n’y a aucun fonde-ment à la regarder comme un droit de Souveraineté, duquel il ne se trouve pas le moindretitre. Enfin ces mêmes Seigneurs se trouvans par l’accroiffement des Dauphins hors d’état deconserver leur indépendance, s’aviserent de se donner au dernier.d’entreux Humbert II. 8c dereconnoitre leur terre mouvante de fa Seigneurie, parcequ’en récompense de leur soustractionà la mouvance de l’Eglise de Vienne, ils reçurent de lui des titres honorables, dont leurs de-scendans fe parent aujourd’hui avec éclat, quoique ssautres familles qu’ils tiennent bien inscri-eures à la leur les eussent possédé avant eux, telle est celle de la Poepe qui fut investie de laMaréchaussée en 1279 par Humbert I. Enfin le Dauphine étant venu à la France les Seig-neurs de Clermont ne paraissent avoir été distinguez en rien des autres sujets de la Provincejufqu’au Régné de Henry II. qui érigea leur terre en Comté : depuis ce tems là, ils ont eudivers' sujets de mérité qui se sont avancés à la Cour & dans les Armées, ils ont fait des Allian-ces honorables particulièrement celle des heritìers de Tonnerre 6c de Piney Luxembourg oarle moyen defquelles ils ont formé de nouveaux établifiemens dans le voisinage de la Cour &font devenus beaucoup plus considérables qu’ils ne l’avoient été jufques-k. n ’y a d’ailleursaucune vraisemblance à la faire descendre des Ducs 6c Comtes d’Auvergne, ou de prendre encette Famille une (veine de Sicile qui n’en fut jamais. Les premiers Seigneurs de Clermontdont les titres fassent mention sont de l’onzième Siècle, ce qui fait une assez grande antiquitépour former une bonne Maison. On peut remarquer encore que la terre de Rouíîilíon 6c laplufpart des autres du Dauphiné ont eu le même avantage de Souveraineté, dont on honorecelle de Clermont par une distinction peu réelle. Ce fut l’effetde l’aviliíTcment de la puisiànceImpériale d’une part 6c de la facilité des Evêques de l’autre, lesquels voulans favoriser leursparents se mirent peu en peine de conserver les Domaines 6c l’autorité de leurs Eglises.
La seconde Famille distinguée par l’Auteur est celle de Groflée, dont le Marquis de Vir- Gt-ojiêeville est le Chef, il possede la terre dont il prend le nom érigée en Marquisat en 1620 au moisd’Avril 6c celle de Chantonna/, Piste d’Abeau, Tulignan, 6c Voiron qui est du Domaine^
Le Comte de Peyre Lieutenant de Roi en Languedoc est de la même Maison, il possede enDauphiné la terre de Monbretton j cette famille a été honorée du Cordon bleu 8c de plusieursEmplois distinguez. La troisième est celle d’Allemand, dont le Sieur de Montmartin Lieu -tenant de Roi en Viennois 6c le Sieur de Champier. L’Auteur remarque au íujet de cette se,mille qu’else a donné des Grands Maîtres de la Maison des Dauphins, auxquels elle étoit al-liée, qu elle avoir le droit particulier de ne faire aucun hommage au Prince pour ses terresmais seulement un serment personel ; qu’elle a donne un grand nombre de Prélats illustres en-tr’autres le Cardinal Louis Allemand Archevêque d’Arles qui présida au Concile de Balle 8cqui est mort en odeur de sainteté. Sibut Allemand Evêque de Grenoble, qui p an ^ a p.sembla chez lui tous les Chefs des différentes Branches de son nom, pour les engager à porterdes armes pareilles 8c supprimer le désordre qui étoit parmi eux de prendre des armes arbitraires -T o m. II. P PPPP il