438 Etat de la France,
D A u- la Bourgogne, où toutes les grosses Villes lui fermerent leurs portes, il fe vangea fur la campagnei’H i n é. qu’il désola 8e fut enfin obligé de se retirer en Allemagne, laissant la conduite de cette guer-re à Garnier Evêque de Strasbourg, qui la fit plus heureusement que lui, ayant gagné unebataille qui rétablit Rodolphe.
Conrard Henry étant mort en 1024, ce Prince se trouva de nouveau exposé à la mauvaise humeurïmpenur de scs Sujets, il salut pour le contenter révoquer la cession faite à l’Empereur Henry, de la-' quelle Conrard son Successeur prétendoit se prévaloir, d’autant plus qu’il avoit épousé Gifìlefille de Hermant Duc d’Allemagne 6c de Gerberge sœur de Rodolphe. II s’ensuivit une nou-velle guerre dans laquelle les Seigneurs de Bourgogne se trouvèrent obligés de plier 6c on latermina par le renouvellement du premier Traité, en conséquence duquel, l'Empereur Con-rard fut reconnu pour Successeur de Rodolphe en tous ses Etats. Enfin Rodolphe mourutfans enfans, le 6 Septembre 1032, il avoit épousé Hermengarde, que l’on prétend, sans preuve,être fille de l’Empereur Othon II; cette Princesse étoit veuve 6c avoit des enfans de son pre-mier mariage, entre lesquels on compte Humbert dont il vient d’être parlé. L’EmpereurConrard eut quelque peine à se faire reconnoitre en Bourgogne ; il eut guerre contre EudesComte de Champagne, qui sembloit avoir le droit le plus apparent en cette succession, étantfils de la Sœur ainée de Rodolphe; mais comme leur puissance n’étoit pas égale, il l’accablabientôt 8c l’obligea au moyen de quelque Domaine, qu’il lui céda, à renoncer à la Couronnede Bourgogne: le Comte Eudes mourut depuis en bataille contre un Duc de Lorraine. Con-rard reconnu enfin de tous les Etats, qui composoient le Royaume de Vienne, assembla unParlement General dans 1 a Ville de Soleurre en 1038, dans lequel il ratifia l’aliénation qu’il a-voit dèja faite de la plus grande partie de son Domaine, en saveur des Seigneurs Bourguig-nons, 6c à ce prix il obtint le couronnement de son fils Henry avec l’obligation du serment 6cde l’homage de tous les mêmes Seigneurs, ne se réservant, que le droit de Souveraineté su-prême, qui ^évanouit bientôt dans íà postérité.
'Anarchie. On voit en esset qu’il sc forma de là une Anarchie universelle dans le Dauphine : les VillesZvêchez. les plus considérables avec leurs territoires sc donnèrent aux Evêques, tant à cause du respectqu’on portoit à leur dignitez, qu’à cause de la réputation de leur mérite personel 8c de la ju-stice de leur Gouvernement. La Noblesse forma aussi ses établissemens 6c comme il se trou-voit parmi ce Corps des particuliers plus distinguez les uns que les autres, les possessions qu’ilsfeurent se procurer, eurent aussi des étendues 6c des qualités disserentes. Ceux qui prirent leComtez. nom de Comtes, eurent certainement une supériorité effective, tels ont été ceux de Provence,de Bourgogne, de Maurienne, d’Albon 8c Forcalquier, deSalmorene, de Genevois, de Valénti-Baronies. nois,Dyoisêcd’Orange. Au dessous de ceux-là se forma un second rang de Noblesse, qui sut celuides Barons de la Tour, de Montauban, de Meou'illon,de Clermont 6c de Sassenage ; 6c enfin au def-ousde ceux-là un troisième rang de ceux, qui, fans posseder de fi grandes terres, étoient reconnuspour être d’illustre Maison 6c jouissoient de la même indépendance que les précedens. On pourroitici entrer daus le détail de chacune de ces grandes terres 6c montrer en quoi elles consistoient ence tems-là, mais comme cela scroit inutile par rapport au tems présent, à cause des change-mens qui y font arrivez, il vaut mieux sc réduire à observer i°- que jusques au XIII. Siécle,les noms propres des familles 6c leurs armoiries n’eurent rien de réglé ni de fixe ; 2°- que lesDauphins eux mêmes n’avoient point pris ce titre de Dignité avant l’an 1120; 6c que leursarmes ont été indifféremment une ou plusieurs tours, ou bien un Chateau jusques à la fin duXII. Siécle, que la figure du dauphin commença à s’introduire dans leurs sceaux ; mais queifo ans après, Humbert II. rejetta tout à fait les anciennes armes 6c voulut que le sceau duConseil qu’il établit à Grenoble, ne portât d’autre empreinte que celle du dauphin, qui estdemeuré sous la domination de France.
Dauphins. ^ l’égard du nom de Dauphin, qui est considéré comme titre de Dignité, il n’est guerespossible d’en marquer l’origine précise ; l’apparence est néanmoins que Guy VIII, qui l’aporté le premier, l’avoit reçu comme un sobriquet personel, qui lui fut donné à cause du ci-mier de son casque, en effet il garda toute sa vie la qualité de Comte d’Albon, qui etoit leseul titre de L Dignité de ses peres, mais ses Successeurs à qui fa memoire étoit glorieuse &
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