Etat de la France. 467
four à Chaux, selon la signification latine, Fumus Calcarìì. On présume qu’il fut porté Pro-à fâire cet établissement, pour s’éloigner du territoire des Comtes de Toulouze, qui usur- venge.poient tous les environs d’Avignon Sc de vie. Au surplus cette observation fait connoi- ' "
tre à quel titre ces derniers prenoient la qualité de Marquis de Provence.
Guillaume z e - confirma l’Election de Veninien Archevêque d’Ambrun & mourut en1080 ne laissant qu’une fille unique, qu’il maria à Ermengad, Comte d’Urgel en Cata-logne: elle se nommoit Adelaïs Sc vécut jusqu’en 1144, où l’on croit qu’elle étoit âgéede 80 ans ; cette Princesse fit plusieurs aliénations, elle vendit à l’Eveque de Sisteron lelieu de Diziers en 1138. au chapitre de St. Saveur à Aix, la moitié de la Jurisdiótion duChateau de Pertuis, l’autre moitié apartenante à l’Abaye de Mont Majour par donnationde la Comtesse Alix ; enfin elle donna aux Chevaliers de St. Jean la Chateau de Bribanne, lamême année 1144.
Guillaume III. son fils s’étoit mis en possession du gouvernement dès l’an 1110, Sc avoitépousé Garsende fille de Guignes V- Comte d'Albon, Sc Bertrand III. successivement Com-tes de Folcaquier : Le premier, par son testament de 1149 donna la Ville de Manoíque Scplusieurs autres places a l’hoípital de St. Jean de Jérusalem. Beitiand III. avoit épousé dèsl’an 1339 Jeanserane fille ou Sœur d’Arnaud Flotte, de laquelle il eut trois fils & unefiile> Alix mariée à Giraud de Sabran : Les fils furent Guillaume IV. Bertrand IV.
Sc Guillaume dit le jeune, on ne sauroit dire si ces trois jfreres poffedoient indivisémentl’héritage patentai, mais ils ont tous porté le titre de Comte de Folcaquier, ils tomberentdans la disgrâce de l’Empereur Frédéric premier, qui confisqua leurs terres en 1161. àdéfaut d’homtnage rendu, mais comme Us n'éloicnt pas vassaux immédiatement de l’Empire,parce qu’ils faisoient hommage aux Comtes de Toulouse d’une part, Lc à ceux de Pro-vence de l’autre, ils obtinrent main-levée en n64 : On trouve un titre dans le Cha-pitre de Montpellier qui est la donation de Béatrix Comtesse de Melgueil, à fa filleErmende de Pelet, où ce Comte Guillaume IV. assista comme garand. Ce même Princej-endit hommage au Comte de Provence en 1178, en 12.06. il accorda aux habitans deManosque l’exemption de tous Péages, Aides, Sc Impositions, dans les terres de fa Juridic-tion avec le droit à la Communauté des habitans, de former des assemblées fans interventiondes Juges i Sc enfin il ordonna que les procez ne s’y pourroient instruire qu’avec l’alsistancedesPrudhommes de la Ville 5 ce Comte n’avoit eu qu’une fille nommée Gassende qu’il maria dèsl’an 1170. avec Reinier de Sabran, dit le Claustral, Seigneur de Castelar, Sc de ce mariageil vint deux autres filles, Gassende Sc Béatrix ; l’ainée épousa en 1193. Hdefons IV. filsd’Udefons premier Roi d’Arragon, Sc Comte de Provence, qui parvint lui-même à cetteprincipauté par le decez de son Frere Sans ; en 1x96. Béatrix épousa Gui-André Dau-phin de Viennois, auquel elle porta tout ce que son ayeul possedoit dans le Diocèse deGap Lc d’Embrun. Le vieux Comte Guillaume IV. eut quelques dilsicultez avec Ilde-sons mari de son Ainée touchant le partage de ses biens ; II en vint même jaí qu’à pren-dre les Armes Lc il assiégea la Ville de Sisteron, mais la paix se fit aux conditions ci-devant marquées, Sc par ce moyen, la Provence Occidentale, fut réunie à l’Orientale,comme elle avoit été dans le principe. Quant à Béatrix, son mariage fut malhûreux,ayant été répudiée injurieusement ; sa fille de même nom qu’elle, épousa Emeric de Mont-fort fils du grand Simon, Comte de Toulouse Lc ensuite Demetrius de Montferrat,
Roi titulaire de Thessalie, mais ses biens demeurèrent au Dauphin, à quelque titre queçait été. Enfin Guillaume IV. étant mort en x 208. il s’éleva de nouvelles dilsiculteztouchant se succession. Guillaume de Sabran fils de Giraud Lc Alix de FolcalquierSœur de Guillaume IV. sc porta son heritier, Lc prit le titre de Comte par segrâce de Dieu: Ce fut lui qui accorda le privilège en 1202. aux habitans de Sisteronde ne payer aucuns Péages dans toutes ses terres; il vêcùt jusqu’en 12.70. mais la p^ifi.lance des Comtes de Toulouse étoit alors trop grande pour qu’il pût esperer d’avoiraucun succez dans ses prétentions : II n’y a pas toutefois d’aparence qu’il y ait renoncé puisqu’il paroit qu’il laissa à ses enfans quelque portion de ce grand heritage. Guillaume fut
Seig-