État de la France*
que les successeurs cîe T or si n exerçoient dans le haut. Bernard a eii 7 successeurs de- Lan-puis l’art 829* jusqu’en 936, les derniers furent Ermangaud & Raimond s or , fil Sj quicuEDOC.tous deux rendoient hommage au Roi Raoul en 923, mais étans morts, Pons Raimond,
Comte de Toulouse, soit qu’il fut leur heritier naturel, soit qu’il n'eut d’autre titreque celui d’être le plus fort, recueuillit leur succession, & c’est ainsi que le BasLanguedoc s’est trouvé réuni à la Comté de Toulouse, de sorte que les posses-seurs de tous les deux ont pris* dans les actes, de rems en tems indifféremment lesqualitez qui convenoient à Pun ou à l’autre. En conséquence de cette union, lesVicomtez des 4 Citez de Septimanie, Narbonne, Beziers, Âgde & Nimes recon-nurent la supériorité des Comtes de T oulouse, sans renoncer toutefois à leurs droits,ou ils se sont maintenus long tems après, comme on le verra dans la fuite ; Tail-leurs les Comtes de Toulouse, unirent à leurs Etats le Gevaudan, par le mariagedu Comte Alphonse I, avec Feidide fille de Gilbert I, comte de Provence & deTiburge Comtesse de Gevaudan ; ils étoient déja propriétaires de P Albigeois, commeil paroit par divers actes antérieurs ; & du Yelay, où Raimond de S. Gilles ordonnapar fa donnation faite à N. D. Dupuis, la célébration de la Fête de S. Gilles ; on enpeut dire autant du Vivarais, que l'on dit avoir été affecté au douaire d’Electe, femmede Bertrand, Comte de Toulouse, de forte que leur Etat consistoit, à peu de chose prèsà P étendue présente du Languedoc. Ces Souverains ont conservé cette riche possession,jusqu’à Raimond 6 e ; qui en perdit ia meilleure partie à l’occasion des guerres des Al-bigeois qui commencerent environ Pan 1208. Véritablement ce Comte, avec la plusgrande partie des Seigneurs qui lui étoient soumis, entrerent dans les scntimens des Hé-rétiques de ce Siécle qui s’étant répandus dans le territoire d’Alby, en prirent leur dé-nomination, le principal chef de leur Doctrine tendoit à ruiner leur puissance Ecclé-siastique qui s’exerçoit alors avec un empire très-absolu. L’interest personnel porta é-galement le Pape & les Evêques à les soumettre par les voyes les plus rigoureuses; cefut alors que pour la premiere fois depuis les Martirs, on vid dans la France des Exe-cutions judiciaires pour fait de Religion, mais Pinftexible dureté des Inquisiteurs, nou-vellement établis aigrit le mal ; Pun d’entr’eux nommé Châteaurteuf, se trouvant honorédu titre de Légat du Pape Innocent IIÎ, porta les choses si loin à l’égard du Comtede Toulouse, qui desiroit que l’on prit des voyes plus douces pour ramener ses sujetsà l'Eglise, que le Comte le fit tuer dans la ville de S. Gilles. Cet attentat irrita plusque jamais la colere du Clergé ; le Pape lança tous ses foudres & ses anathèmes, maisîe plus efficace fut la publication d’une Croisade, qui fit craindre justement au Comteque toutes les forces de la Chrétienté, ne vinssent tomber fur lui. Pour prévenir cedanger, il s’alla jetter aux pieds du nouveau Légat qui residoit à Valence en Dau-phine, auquel il livra d’abord sa ville de S. Gilles, où ayant été conduit il y subitBétonnante penitence du Fouet* après une Amende honorable au tombeau de Chateau-neuf ; il Fut encore obligé de livrer encore plusieurs de ses autres places, & enfin deprendre lui même la Croix contre ses propres sujets, c’est ainsi que l'Eglise triom-phoit alors des puissances séculières. Le Comte, soit par honte & regret de son humi-liation, soit par ressentiment de l’indigne traitement qu’il avoit receu, manqua pres-qu’auffi tost aux engagemens où il étoit entré, & retourna se mettre à la tête de sessujets ; alors les Croisez poursuivant leur pointe s’emparerent de Besiers & de Carcas-sonne où ils firent un épouvantable massacre des Hérétiques, Simon Comte de Mont-fort Lamaury & de Leycester en Angleterre étoit General de cette armée triomphante,ce qui fut cause qu e dans le Concile assemblé a Montpellier en 1214, pour délibérer àqui l’on donneroit les terres conquises & à conquérir, il f u t revestu du titre de Comtede Toulouse, cette nomination fut confirmée par une bulle d’Innocent III. de r an1215. mais parce que ces terres ne pouvoient être valablement inféodées que par'nosRois, Simon ne s’assura pas tellement fur la nomination du Fape & du Concile qu’il
n’ailât