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Tome second.
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Etat de ia France.

51-7

Il s’eíl servi de deux moyens principaux pour trancher toutes leurs espérances. Le L a n-premier a été de pratiquer des chemins par toute retendue des 5 evenues assez larges pour guedoo.y faire rouler du Canon & porter des bombes en cas de besoin. Cela leur a appris qu'iln’y avoit point d’endroits inaccessibles & eux-mêmes ont été contraints de travailler àces routes fatales qui éteignoient le reste de leur liberté. Le second a été de mettre enusage les forces des anciens Catholiques : on a commencé par lever 8 Regimens de Mi-lices payez par la Province & quand le Roi a jugé à propos de s’en servir ailleurs, on lesa remplacez par 52 [ou 12] autres Regimens, qui fans être payez font toûjours prêts àmarcher au premier ordre, ayant des Officiers choisis, des Armes & des munitions, unediscipline exacte. Les Revues s’en font faites annuellement à la vuë des Nouveaux Con-vertis, & l’Auteur prétend qu’à force de les voir, ils ont à la fin compris que ne pou-vant employer, pour se soutenir, les mêmes moyens, il faloit, ou se tenir en repos, ouse réíòudre à périr misérablement, se trouvant sans chef, fans munitions, fans troupes.

De plus le Roi a fait construire trois forts à l’entrée des Montagnes, Nismes, Alais &

S, Hyppolite. On a même choisi des châteaux & lieux de défense dans le païs où l’ona établi des postes pour contenir l'intérieur. Qui n’auroit cru avec ces savantes précau-tions que ce peuple obéïroit à la Nécessité ? mais l’éjperience a fait connoître qu’ellesn’ont servi qu’à enflammer son désespoir, accablé du côté de la Religion qui en vouloit àsa conscience, dépouillé à cet égard de toute eípéce de liberté, réduit d’ailleurs à une mi-sère déplorable, que l’on disoit être une disposition à l’obéïssance & qui a été prise pou run effet de la dureté de l’Auteur. Ce Peuple misérable a pris le dernier parti, qui fem-bloít lui rester d'essayer, si la révolte ou la mort ne mettrok point de fin à ses souffran-ces. Les suites de cette Résolution n’ont été que trop funestes. II a péri cent mille hom-mes que l’on a immolez pour justifier la conduite de l’Auteur & de ce nombre il y ena le dixième qui a fini par le feu, la corde, ou la roue. La Guerre des Albigeois n’a pasété plus tragique : mais ce qui est bien déplorable, c’est que ces mouvemens ne sont paencore finis t & que le moindre évenement est capable de ranimer la rage des uns &des autres.

Ce que l’Auteur ajoute des moyens qu’il étoit convenable d’employer pour gagnerces peuples, paroit avoir plus de raison que le r este, si ce n’est qu’il compte par toutsur la mort hâtive de ceux qui vivent. II veut donc que l’on donne une grande appli-cation à l’instruction de leurs Enfans & qu’à cet effet on établisse des Ecoles danstous les lieux considérables ; qu’on mette les Garçons dans des collcges & les filles enReligion, quand les Peres auront le moyen de payer leurs pensions. 2 0 . il veut qu’ons’applique à former de bons Prêtres pour remplir les places de Curez & de Vicaires dansles Paroisses ; il demande même une condition par dessus les bonnes moeurs, qui est letalent de la parole, parce que toute la dévotion des nouveaux convertis fe réduit, selonlui, à écouter l’Evangiso. C’est en vain que l’on a prétendu suppléer aux pasteurs or-dinaires par des Missions : il s’agit de gagner les coeurs & ce n’est point l’ouvrage d’unjour. Un Curé travaille toute fa vie, converse avec son troupeau, le gagne insensible-ment ; ce que les Miffionaires ne fauroient faire ; joint que leur maniéré vulgaire deprêcher est toute opposée à celle des Ministres aux quels ces Peuples sont accoutumez-II faut donc toucher sou r Esprit & leur coeur en même tems : ce qui n’est pas st diffi-cile, puisque les Ministres les ont toûjours maniez comme il leur a plù. Mais fur toutil faut, seson lui, éviter so 3 sacrilèges où on les engage trop ordinairement. C’est unerégie certaine que les Nouveaux convertis communient tant que l’on veut & fe confes-sent de même. II convient donc de prendre à cet égard un tempérament que les seulspasteurs sont en état de connoître.

L’Auteur termine ces réflexions fur les nouveaux convertis par la Table suivante:

Diocèses.

V.Auteur écrivait ceci apparemment en 1705.