Etat de ia France
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ceprion de quelques Villages des environs. La maniéré de le faire est d’avoir des lames L a n-de Cuivre de la grandeur d’une Carte à jouer & de l’épaisseur d’une piéce de 15 s. Le guedoc.Cuivre le meilleur est le rouge d’Allemagne-, on y en employé aussi qui vient de Salé -'"V" 0en Afrique, mais il n’est pas si bon. Les femmes qui fe mêlent de ce négoce ( C ar il estabsolument en leurs mains) ont de grands pots de terre, au fond defquels elle mettent en-viron 2 pintes de vin, quel qu'il soit, pourvu qu'il n’y ait point d'eau & q u qi nesoit point aigre. On dispose áu dessus de petits bâtons fur lesquels on place une Couchede Grappes de raisins secs, & par dessus une Couche de Cuivre, de forte que les tablesne se touchent point, & ainsi couche par couche jufqu’au haut du pot que l’on couvred’un couvercle de paille de demi-pié d’épaisseur, de forte que l’air n’y entre point. Endix ou douze jours plus ou moins, selon la température de l’air, car l’Eté est la meilleuresaison, ces Lames de cuivre fe trouvent couvertes d’une Poudre verte, comme de la moussehumide. On les expose à l’air pour les sécher, on les racle ensuite & c’est ce que l’onnomme Vert de Gris, dont chaque pot fournit environ une Livre en 12 jours.
Les Lames nettoyées font remises dans le pot, julqu’à ce qu’en 3 ou 4 ans elles devien-nent si minces qu’on ne peut plus les travailler. Le Verdet est enfermé dans des sacs depeau de Mouton & vendu prix courant 20 Sols la Livre, mais il renchérit avec le vin. IIs’en fait plus de 2000 quintaux dans la feule ville de Montpellier, n’y ayant point defemmes d'Artisan, de Bourgeois ou de Marchand, qui n’ait ses pots & quelquefois juf-
qu’à 150. Les NegocJan» qui achettent le Verdet en détail, le vendent en gros pourl’Angleterre, la Hollande & Pítalie. II est employé pour les teintures, I a Peinture &même pour les remedes par les Chirurgiens.
La Fabrique des futaines est un autre commerce de la même Ville. C’est une Etoffez»- /-de fil & de cotton. Le fil y vient de Bretagne & le Cotton du Levant par la Provence Fu taine.II s’en fait année commune 4000 pièces, qui à raison de 17 1. chacune, rapportent 68000 I.
II y a plus de 200 familles qui subsistent de ces Ouvrages, qui fe debitent à Toulouze, Bor-deaux & Bayonne pour l’Efpagne. Les Laines font encore une grande partie du Com-^'»-".merce de Montpellier. Les Marchands les tirent de Smirne par Marseille, de Salé,
Tunis & d’Efpagne. Ils les achetent surges, c’est à dire, comme elles viennent desMoutons, les font laver au ruisseau d u Lez à demiquart de lieuë de la Ville & après lesavoir assorties ; car c’est un terme du métier ; ils les mettent en de grands socs de 3 ou4 quintaux & les transportent aux foires, d’où elles fe répendent aux factures de la Pro-vince. II s’en consomme auffi quantité sur le lieu pour la fabrique des Couvertures delaine. Ce travail employé dans la Ville plus de 2000 personnes & y apporte au moins400000 1 . de profit. De plus on y blanchit la Cire dans la derniere perfection. Elle y Biànchíf-vient jaune du Levant & y retourne blanche, à l’éxception de ce qui s’en débite en sLu-series.rope. Elle est beaucoup plus estimée que celle de Hollande qui est ordinairement mê-lée de graisse de chevre ou de bouc, desséchée avec de la céfufe. D’ailleurs on nepeut avoir autre part un soleil auííì favorable qu’à Montpellier. La ville contient 13803familles.
Le Dioceze de Nifmes est tout entier dans la plaine & d’un fond si excellent qu’il^y-rapporte des bleds, des huiles, de très bons vins, de bonnes laines, des meuriers pour lesvers à foye & en général tout ce qui peut naître dans un bon pays, mais la principalerichesse vient de la C apitale, qui est remplie de Manufactures & de Marchands qui fontle principal commerce de la Province pour la draperie & la foye, soit au dedans soit audehors du Royaume, les marchands font appliquez à leur commerce, habiles & hardi sdans leurs entreprises & ont naturellement le genie nécessaire pour réussir dans leur p ro _session, ils font subsister une infinité de familles achetant les grosses & petites Etoffesèc les envoyant pour leur propre Compte, de toutes parts avec grande réputation de leurcommerce ; c’est pourquoi l’Auteur ajoute qu’il pense, que quelque chose qui arrive ilfaút toujours conserver la ville de Nîmes, comme le chef du trafic de la Province.
C’est