Etat de la France.
577
fl en ses mémoires, on ne sauroit les défendre d’être mauvais Chrétiens, les Caractères Lan-sont toutefois differens parmi eux ; les Canoux, c’est à dire les propres habitans des Se- ^doc.venues, font legers & susceptibles de toutes impressions, mais ils rentrent aisément dansle chemin dont ils font sortis ; ceux du Vivarais au contraire pensent plus long tems,mais quand ils ont pris un parti, il n’est presque pas possible de les ramener ; c’est ce quia toujours fait regarder les troubles du Vivarais, comme plus dangereux que les autres ;ces peuples font tous naturellement bons soldats & propres à servir dans l’infanterie.
Les deux plus hautes Montagnes des Sevennes, font l’Aigoual & l’Esperon, il y a debeaux Sapins fur la derniere, on y remarque encore, un petit Canton auquel on donnele nom de l’Hort-Dieu, hortus Dei, dans lequel il croit naturellement toutes sortesde plantes & de fleurs même des plus belles & des plus curieuses. Quant à la Villed’Alais, elle est située fur le Gardon, ceux qui comme l'Auteur favorisent ridée dequelques modernes, qui prétendent en faire l’ancienne Alexia de Jules César paraissentpeu instruits de.ee qu’il rapporte dans ses Commentaires: cette ville a titre de Comté & »
de Baronnie, la premiere appartient au Prince de Conty, & la seconde est partagée entredeux Seigneurs, cette ville eut part au soulèvement, qui arriva sous le régne de LouisXIII. & se soumit en 1629. après la prise de Privas.
Le Velay est un petit pais dont la ville du Puy est le Capital?, c’est un canton de Mon- DuVelaj*tagnes, où la Neige dure 6 mois de l’année & où il croit néanmoins plus de bled que
les habitans n’en peuvent consommer. Ils le debitent en Vivarais, en l’échangeant contredes Châtaignes, màis ils n'ont point de vin ; toutes leurs richesses, consistent en Bestiaux,en Mulets, & dans la Manufacture de Dentelles établie au Puy, qui fait subsister la plusgrande partie du Peuple auísi bien que la Tannerie, qui a tant de réputation que l’on yporte des Cuirs de tous les pays voisins ; le Velay étoit riche avant la mortalité de 1693.qui s’etendit fur les Hommes & fur les Bestiaux, & qui a causé une très-grande diminu-tion ; la derniere remarque de l’Auteur au sujet de ce pays, est que les hommes y fontplus grossiers, plus malfaits & plus mal tournez, qu’en tout autre endroit de la Pro-vince.
Après ce beau détail de la nature & de la force de chaque Diocèse, l’Auteur pourépuiser la matière du Commerce entreprend de parler des Foires, & de donner un étatgénéral du produit, du débit, & même de ce qui entre dans la Province en Marchandises,il s’est aidé pour le faire avec exactitude de la connoissance & du rapport des meilleursNégocians en chaque efpece. Le commerce principal fe fait dans les Foires du Pays, &il y en a de réglées dans toutes les grandes villes ; mais celles qui ont le plus de réputationfont celles Pezenas, qui sc tiennent le jour de la Pentecôte, le 15 e . de Septembre, & le De Pe î«'n° Novembre ; & de Montagnac, le 15' Janvier,. & à la my-Carême ; les Marchandss’y trouvent en grand nombre pour acheter, donner, ou recevoir des Commissions d’ar -gnac.gent & de lettres de Change. Cependant on ne les peut regarder que comme des pré-paratifs à la grand Foire, qui se tient à Bancaire, à la Magdelaine pendant trois jours,les lestes non comprises : Cette Foire est franche de tous droits par son institution, & leprivilège spécial de Raymond VI. Comte de Toulouse de l’an 1217. Les Rois ont: confirmécê privilège & particulièrement Charles VIII. dès le commencement de son régne, LouisXII. & Louis XIII. On convient généralement que c’est la plus grande foire du Roy-aume, & peut être de l’Europe; le commerce monte à plusieurs millions : L’Auteurn’en met que 6 en Efpeces, mais celui qui s’y. fait en Laines & Soye, Etoffes, Epiceries,Drogues, Cuirs, Toiles, & généralement de toute autres Efpeces de Marchandises le passede beaucoup ; il s’y vend souvent des Pierreries, enfin on la peut considérer, commel’abord généras de toute l’Europe, du Levant & de l’Afrique. La franchise excite lesMarchands à y Lire voiturer tout ce qu’ils peuvent, & pour cela ils répandent beaucoupd’argent, aussi est ce le centre de leur Commerce où l'on peut assurer qu’ils font le plusd’affaires dans le court espace de trois jours, que dans tout Je reste de Pannée, il auroitT 0 m, II. H h h h h h h été