26 HISTOIRE
tionner, pour avoir le produit total. Cette opération est assezcommode pour la multiplication, mais la division n’en reçoitpas un soulagement fort sensible; c’est pourquoi on ne peutregarder ce moyen d’abbréviation , que comme une curiositémathématique. Je doute qu’aucun arithméticien l'ait jamais pra-tiqué que par forme d'amusement. On trouve au reste cetteinvention de Neper fort bien expliquée, soit dans le Cours demathématique de Wolff, soit dans les Récréations mathéma-tiques de l'édition de 1778. Ce même ouvrage de Neper présenteplusieurs autres moyens singuliers et curieux, de pratiquerles mêmes opérations, comme sur les cases d’un échiquier, &c.Après ces détails sur les travaux de Neper, nous reprenonsle fil principal de notre sujet. . .
L invention des logarithmes ne fut pas moins accueillie dansle continent, qu elle I’avoit été en Angleterre. Mais c est à Keplerqu’on eut le plus d’obligation à cet égard , quant à la théorie ; etau libraire Hollandois Ylacq, quant à la pratique et 1 usage.Neper n'eut pas plutôt publié son ouvrage, que Kepler le médita,et entreprit de rendre ses idées plus accessibles à tout le monde.
II publia dans cette vue , en 162,4, son ouvrage intitulé rChiliasLogarithmorum ad totìdem numéros rotundos pracmissa de—monstratione légitima ortus Log. eorumque usus. ( Lintz. in 4° ).Mais cet ouvrage étoit prêt dès 1622 , et même avant, comme 11nous l’apprend dans le Supplementum, qui en fait la seconde ,partie , et qui vit le jour en 1626. Kepler y expose, qu il avoit vuplusieurs mathématiciens , chez lesquels 1 âge tempérant 1 ardeurdes nouveautés , ils lui avoient témoigné de la défiance sur 1 usagede cet abrégé de calcul , et de la répugnance à admettre danscette théorie la considération du mouvement. Kepler entrepritdonc de déduire la théorie de Neper, d’après des principes en-tierement a l’abri de ces exceptions , en la fondant uniquementsur la théorie des rapports géométriques , admise de tout temps.
II 1 execute en effet avec beaucoup de sagacité , et au moyen de1 échafaudage de quantité de notions claires et de propositionssuccessives et rigoureusement démontrées. Comme le calcul astro-nomique etoit son principal objet, il construisit ses tables danscette vue ; elles ont cela de remarquable , que, tandis que dansnos tables trigonométriques , ce sont les arcs qui croissent uni-formément et par des différences égales ; dans celle de Kepler ,ce sont les sinus eux mêmes qui croissent uniformément ; et dansles différentes colonnes qui accompagnent celle-là , on trouveleurs logarithmes , les arcs croissant inégalement , les vingt-quatrièmes parties du jour exprimées en heures , minutes et se-condes ; et enfin les parties sexagésimales de l’unité , cette unitérépondant au sinus total. Tout cela étoit fait pour être adapté au
\
J