28 HISTOIRE
de Gellibrand; mais c’est avec raison que ce dernier, vers la linde sa vie , se plaignoit de la manœuvre intéressée de Vlacq ,qui nuisoit par-là à la vente de ses ouvrages et au produit qu’ilavoit droit'd’en attendre.
Vlacq donna dans la suite , c’est-à-dire , en 1636 , un abrégéde ces tables , sons le titre de Tabula sìnuum , tangentìum etsecantium , et logarith. sìnuum, tangentium etrtumerorum, ab 1ad 10,000 , etc. ( z«-8° ). Ces tables ont eu une prodigieuse quan-tité d’éditions , et étoient devenues l’espèce de manuel trigono-métrique le plus commun , jusqu’au temps ou quantité de nou-velles tables ont vu le jour. Parmi ces éditions, on réputé, commela plus correcte , celle faite à Lyon , in- 8°. Je ne sais jusqu’à quel
{ Joint cela est fondé. 11 y en a aussi plusieurs éditions françoises ,ìollandoises, allemandes, etc. Mais notre objet n’a pas été dedonner une bibliographie logarithmique. Je ne dirai, par cetteraison, qu’un mot de celles que publia, en 1628, Edmund "Win-gate , à Gouda, in- 8°., sous le titre d’ Arithmétique logarithmé-tique , parce que ce calculateur est un de ceux qui prirent le plusà cœur de répandre la théorie et l’usage des logarithmes.
En Italie., Cavalier! paroît être le premier qui ait accueilli leslogarithmes. Je ne connois au moins aucun ouvrage imprimédans ce pays , antérieurement à la trigonométrie de Caval-ier! , intitulée : Directorium universale uranometricum , etc.qui parut à Bologne en 1682, in-4 °. On y trouve les sinus ,tangentes, sécantes et sinus verses, avec leurs logarithmesen 8 chiffres, pour tous les degrés et minutes du quart decercle ; et même avec cette addition aux autres tables, savoirde seconde en seconde pour les cinq premières et cinq dernièresminutes d u quart de cercle ; de 5 en 5 secondes pour les cinqminutes suivantes ; de 10 en 10 pour les 10 minutes suivantes ;de 20 en 20, depuis 20 jusqu’à 3o minutes ; de 3o en 3o jusqu’ài° 3o r ; et eníin pour le reste du quart de cercle, de minute enminute. On y trouve les logarithmes des nombres naturels seu-lement jusqu’à 10,000. Cet ouvrage présente de plus une amplemoisson de spéculations et d’exemples trigonométriqués , en-tr autres , la mesure superficielle des triangles sphériques. Parune règle très-ingénìeuse et très-simple , Cavalier! y démontre ,que si f on fait la somme des trois angles d’un triangle sphérique,il y a même raison de la superficie de la sphère à celle de cetriangle , que de 36o° à la moitié de ce dont la somme ci-dessusexcède 180°. Nous avons , à la vérité , déja remarqué qu’AlbertGirard, géomètre des Pays-Bas, avoit donné, dès 1620, une règlequi revient entièrement à celle-là. Mais l’ouvrage de Cavalleriétant imprimé en 1682 , il est très-probable qu’il n’avoit aucuneconnoissance de ce qu’Albert Girard avoit déja publié sur ce