DES MATHÉMATIQUES. Part. TV. Ltv. III. 199Perdant que Gassendi étoit aux prises avec le P. Lasrée , ausujet. de la loi d'accéléralion proposée par Galilée, le P. Ricciolitravailloit en Italie à l’établir par des expériences qui paraissentfuites avec beaucoup de soin (i). Cet astronome et le P. Grimaldi,son compagnon, a fi n de mesurer et de subdiviser le temps avecplus de précision, se servirent d’un pendule dont les vibrationsne d croient qu’nn sixième de seconde. .Mettant ensuite ce pen-dule en mouvement, ils laissèrent tomber de diverses hauteursqu’ils a voient mesurées, des globes d'argile pesant huit onces,et ils trouvèrent à plusieurs reprises que dans des temps expiimés
Í >ar 5 , 10, i 5 , 22, 2.5 vibrations, ces corps parcoururent destailleurs cpii surent respectivement de 10, 4° •> 90, 160, 2 . 5 opieds, et que dans les intervalles de 6, 12 , 18, 24, 26 vibra-tions, ces hauteurs furent i 5 , 60, 1 55 , 24° , 280 pieds. Jene saurois cependant dissimuler que cette expérience est biendélicate , et que quand les choses se seroient passées un peuautrement , elle n’auroit pas manqué de réussir à peu près demême. Car il étoit bien difficile de déterminer si Pinstant del’arrivée du globe au pavé étoit précisément celui de la fin dela vibration , et la rapidité de la chute est si grànde, que dansune partie de vibration très-petite, le corps pouvoit parcourirun espace assez considérable. Aussi voyons-nous que quelquesautres observateurs n'ont pas trouvé un résultat si parfaitementconforme à celui de la théorie. Le P. Deschales (2) entr’autresdit avoir examiné les espaces parcourus pendant les vibrationsd’un pendule de demi-seconde , et avoir trouvé que des pierresqn’il laissoit tomber dans des puits d’inégale hauteur , parcou-roient en 1, 2,3, 4 > 5 > 6 vilnations des espaces qui étoient4 j, 164, 36 , 60, qo , 123 [lieds ; au lieu qu’ils auroient dûêtre , suivant la théorie , de 4 \ , 17 , 38 ^ , 65 , 106 ~, j 53.Mais ce mathématicien observe lui - même que cela doit êtreattribué à la résistance de l’air , et il est probable que si , aulieu de faire ces expériences avec de petits cailloux , il les eûtfaites avec des poids spécifiquement plus graves , comme desballes de plomb, leur résultat eût été beaucoup plus approchantde celni de la théorie. Car le P. Mersenne a remarqué ( 3 ) quelaissant tomber des balles de plomb d’un endroit du dôme deS. Pierre de Rome , élevé de 3 oo pieds , elles parcouroientcet espace en 5 , ou 5 secondes et demi, au lieu que de petitscailloux employoient à le faire 7 û 8 secondes , ce qui estconforme aux expériences faites par M. Desagulìers, à S. Paulde Londres.
(r) Alm Nov. 1 . II. c. 19.
(2) ln Mtícan. Mund. Math. t. If.
(3) Rejlect. Pkys. Math. c. 9.