9 . 7 o HISTOIRE
grandes difficultés à faire ses premières études ; et ce profondgénie eut été perdu pour l’Astronomie , sans les secours duduc de Wurtemberg ; car son père ayant été absolument ruiné,et ayant été contraint de prendre pour subsister le métier decabaretier , les études du jeune Kepler furent interrompuespendant deux années. Enfin il entra dans un de ces collègesentretenus par le duc de Wirtemberg, qui étoient comme deséchelons pour arriver à l’université de Tubinge , où il fut en-suite admis et prit des grades en 1 58^ et ìáqi. Kepler ne sedestinoit point encore aux mathématiques : plein d’ambition etd'ardeur pour la gloire , il ne les regardoit point alors commecapables de satisfaire ses vues. 11 se destinoit alors à la théo-logie , et avoit même commencé à exercer quelques-unes desfonctions du ministère , lorsque Msestlin , professeur de Tu-binge, où il avoit étudié , l’engagea par ses exhortations à selivrer à l’Astronomie. Quelque temps après , savoir en i5q3 ,il fut nommé à la chaire de mathématique et de morale, queStadius laissoit vacante à Gratz ; cette circonstance déterminale sort de Kepler , qui de crainte d’indisposer contre lui sonsouverain et son protecteur, le duc de Wirtemberg, n’osa pasrefuser cette place. II fut ainsi pendant quelque temps astro-nome plutôt par devoir que par inclination ; mais eníin ap-percevant combien vaste étcit la carrière où il entroit, il s’yjetta avec goût et avec ardeur. Ee premier fruit de son géniefut un ouvrage intitulé : Prodroinus disscìtatiom/m cosmogra~phicarum , &c. ( Tubing. i5q6 , in- 4 0 . ) , où, d’après des ana-logies numériques et géométriques , assez semblables à cellesdes Platoniciens et des Pythagoriciens, il déterminoit les rap-ports tles orbites des planètes. Tycho néanmoins y démêla legénie du jeune auteur, et le jugea digne d’être remis sur labonne voie. II l’exhorta à observer , conseil que Kepler suivit,mais qui ne le guérit pas entièrement de son foible pour ceschimères pythagoriciennes. Divers endroits de son Epitome as-tronomiae Copernìcanae , et son Harmonice mundi , sont despreuves subsistantes de ce foible, qu’il allia le plus souvent avecles plus justes et les plus sublimes conceptions.
Kepler se maria en 1 5q 7 , et se prépara bien des embarraset bien des chagrins par cette démarche , qui ne convient or-dinairement gueres à un savant et à un homme de lettres ,privé de fortune ; il mena depuis ce temps une vie assez er-rante. En i5q8 , il fut obligé de s’exilér et de passer en Hongrie ,pour cause de troubles politiques ou religieux. Rappellé en 1600à Gratz , il ne put s’y tenir long temps ; les calamités qu’éprou-voit la Styrie , dont Gratz est la capitale, le forcèrent encoreà fuir. 11 alla à Prague visiter Tycho - Brahé, qui lui procura