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Tome second.
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a 96 HISTOIRE

en i 63 i un livre , où prétendant avoir enfin résolu démonstra-tivement la question du mouvement de la terre (1), il se décla-roit contre Copernic et Galilée. Mais ce n’est qu’un réchauffédes objections péripatéticiennes déjà si souvent faites et si sou-vent repoussées. Comme son grand et principal argument étoitcelui de la chute des corps graves , que les adversaires de Co-pernic prétendoient ne pouvoir se faire dans la perpendiculairesi la terre avoit un mouvement de rotation , ce fut pour Gassendil’occasion de provoquer à une expérience simple , pour prouverque dans ce cas un corps tomberoit dans la verticale. On a parléde cette expérience dans l’article VI du IV e . livre de la partieprécédente; et ce fut un des objets de son livre , intitulé Demotu impresso à motore translata , Epistolae IV, où quoiquepar ménagement Morin ne fût pas même nommé , et qu’il n’yeût que des expressions fort modérées , celui-ci ne laissa pasd’être fort affecté. C’est pourquoi rassemblant en quelque sortetoutes ses forces , comme Turnus combattant contre Enée , illui lança et aux Coperniciens, son livre, intitulé ALae Tellurisfractae (Paris. 1641 , in-4 0 -) , sous lequel il crut ou affecta decroire et de publier à qui voulut l’entendre , qu’il les avoitécrasés et ensevelis.

Gassendi avoit dessein d’y répliquer par un écrit, qu’il avoitintitulé Apo/ogia pro Vetro Gassendo , &c. qu’il avoit mêmedéjà envoyé en Hollande pour ['impression ; mais il le retira àla sollicitation de quelques amis communs , qui «'interposèrententre eux, et les réconcilièrent; car ils avoient été ancienne-ment amis , et Gassendi l’avoit même servi dans sa fameusequerelle sur les longitudes. Mais il étoit difficile que deux carac-tères aussi étrangement dissemblables pussent sympatiser long-temps ensemble ; car l’un étoit l'homme le plus doux , le plusmodeste , et le plus ennemi de toute querelle ; l’autre l’hominele plus vain , le plus insolent dans la dispute, et ayant par-dessus tout cela la manie de l’astrologie judiciaire , que Gas-sendi , doué d’un esprit juste et religieux , ne pouvoit sous cesaspects qu’apprécier convenablement, ainsi que celui qui eníaisoit son idole.

II s’écoula ainsi quelques années sans nouvel acte d’hostilitéentre eux ; mais une copie de l’apologie ci-dessus , ancienne-ment envoyée au prieur de la Valette , astronome lui même, etancien ami de Gassendij, étant tombée' après sa mort entre lesmains de Nevré , ami de ce dernier , il la fit imprimer à Lyonen 1649 ; ce qui porta le dernier coup à cette amitié déjà fort

(O Famosi problernatis de telluris motu vel quiete , ìiacienus optata so-lutio. Par. 1631, in-4 0 .

refroidie.