DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Lit. V. 3i3s» Velser , ce n’est pas pour vous une chose entièrement nou-» velle , j'espère du moins que vous verrez avec plaisir qu’il y aici deça les monts des personnes qui marchent sur vos traces.»Galilée lui répondit qu’en effet ce phénomène n’étoit pas nou-veau pour lui , qu’il y avoit environ dix-huit mois qu’il le con-noissoit , et qu’il l’avoit montré à diverses personnes distin-guées ; ce qui , vu la date de cette réponse, remonte vers lespremiers mois de l'année 1611. Nous passerons sur ce fait diffi-cile à avérer ; mais ce qu’on ne peut refuser à Galilée , c’est dediscourir bien plus judicieusement sur ce sujet que le P. Scheiner.Ge Père en effet dans les écrits dont nous venons de parler ,prend les taches du soleil pour de petites planètes qui tournentautour de cet astre , qui «'accrochent et s’amassent ensemble ,et ensuite se séparent. II tenoit encore , ce semble , aux pré-jugés péripatéticiens sur la nature des astres, et de là venoitapparemment sa répugnance à regarder ces tacites comme desaltérations qui se passent sur la -surface du soleil. Les lettres deGalilée à Velser sont occupées à montrer le pen de solidité del’opinion de Scheiner , et à combattre diverses autres idées aussipeu justes. II y établit que les taches d u soleil sont contigues àsa suríace , ou fort voisines , et de leur mouvement réglé il con-clut que cet astre a un mouvement de rotation autour de son axe.
Remarquons ici, car nous n’aurons peut-être pas l’occasioncommode de le faire dans la suite , que cette première idée deScheiner , qu’il abandonna dans la suite , a été adoptée par unP. Malapertius , qui nomma ces planètes prétendues Sidéra Aus-triaca , dans un ouvrage publié sur ce sujet en 1627. 11 v avoitdéjà quelques années qu’un chanoine de Sarlat , nommé Tarde,avoit eu la même idée , et avoit publie' un ouvrage où il leurdonnoit le nom de Sidéra Borbonia.
Si l’on ne peut refuser à Galilée d'avoir d’abord discouru leplus judicieusement sur les taches du soleil, on doit aussi recon-noître le 1 J . Scheiner, pour celui qui a le plus contribué par sestravaux assidus , à établir la théorie de leurs mouvemens. II fitune prodigieuse multitude d’observations de cette espèce , et illes publia en i6òo , dans son livre, bizarrement intitulé liosaUrsina, à cause qu’il le dédioitau duc Orsini. II y démêle avecbeaucoup de sagacité les bizarreries singulières de leurs mouve-mens ; il nous faut donner ici une idée de cette théorie.
Le mouvement progressif et toujours dans le même sens, destaches du soleil , a d’abord appris aux premiers qui en firentobservation, que cet astre a un mouvement autour d’un axe.1 OEt axe étoit perpendiculaire à l’écliptique, le mouvement destac ìes seroit toujours rectiligne , et même parallèle à la. ligne quimai que echptiq ue sur 1g dlsoue du soleil. Mais il est seulementlomé II, A r r