DES MATH É MAT IQ U E S. Part. IV. Liv. VIII. Sufoyer aussi court sont très-difficiles à travailler , divers opti-ciens ont pris le parti de leur substituer de petits globules deverre fondus à la flamme de la lampe d’un éiuailleur. II estest facile de s en procurer de semblables. Un très-petit frag-ment de verre pur étant présenté à la flamme bleue d’une bou-gie , par le moyen d’une aiguille mouillée à laquelle il se tientattaché , il se fond , et il se forme en globule. J’ai remarquéque ce sont des fragmens de filets d’aigrette qui se fondentavec le plus de facilité , et qu’il est au contraire quelquefoisassez difficile de mettre en fusion des fragmens de glace ordi-naire. Lorsqu’on a plusieurs de ces globules, on choisit les plusparfaits , soit pour la forme , soit pour la transparence : on enrenferme un entre deux minces plaques de plomb , percéeschacune d’un trou un peu moindre que son diamètre, et voilàun microscope simple construit. Huygens montre dans sa Diop-trique , qu’uri globule d’une dixième partie de pouce de dia-mètre , grossit cent fois en largeur le petit objet qu’on regardeà travers ; et comme il est aisé de faire de pareils globules quiaient moins d’une demi-ligne de diamètre, on peut avoir sansbeaucoup de frais un microscope qui grossisse deux à trois censfois en largeur. Sans l’inconimodité «rappliquer certains objetsà de pareils microscopes, l’Optique n’auroit plus lien à desireren ce genre, et l’invention la plus simple seroit en même tempsle comble de la perfection où fart peut atteindre. Ces difficultésn’ont cependant pas arrêté quelques observateurs, Hartzoecker ,par exemple. C’est au moyen de ces verres qu’il vit dans lasemence des animaux , ces animalcules qui donnèrent lien àun nouveau système sur la génération , qui a été pendantquelque temps en crédit. Le P. Latorre , physicien célèbre parses expériences microscopiques , et son histoire du Vésuve ,n’a jamais employé que de pareils microscopes, au moyen (les-quels il a apperçu la composition des globules rouges du sang,et les organes secrétoires de la liqueur qui sert aux mouchespour s’attacher aux corps les plus polis. II est parvenu, dit-il,à s’en faire qui grossissoient deux mille fois en diamètre ; cedevoit être des globules d environ à de pouce de diamètre ,ou — de ligne. Mais comment observer avec un pareil instru-ment; c’est ce que j’ai peine à concevoir. Lce-wenhoeck, si cé-lèbre par ses observations microscopiques, n’employoit point depareils globules dans ses microscopes, comme on fa dit dansdivers livres. Il se servoit de lentilles d’un foyer fort court, pré-férant beaucoup de clarté à un agrandissement extrême. Cefait nous est appris par M. Foikes , dans les Transactions p/ii-losop/tiques de 1720.
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