§22 HISTOIRE
avec un prisme placé au-delà de la lentille, et au lieu de cetteimage circulaire , il eut à une certaine distance une image dis-tinctement terminee de tous les côtés, et qui étoit environ soi-xante-dix fois plus longue que large. On verra la nécessité dece procédé en considérant que l’image alongée est formée d'uneinfinité de cercles différemment colorés, dont les centres sont àcôté les uns des autres ( voy. sig. i3d.), et que moindres ils sont,moins ils empiètent les uns sur les autres, et plus chaque espèce delumière est exempte de mélange, teuton lui présenta ensuite unpapier noir percé d un trou ayant un sixième de ponce de dia-mètre , et lit passer au travers une des couleurs qu’il reçut surun second prisme. Elle n’éprouva aucune altération, le bleuresta toujours bleu, le vert vert, &c. sans autre différence quecelle qui doit se trouver dans chacune des couleurs dont les ex-trémités approchent toujours de la teinte de leurs voisines. Neutonremarque encore que l’image du trou formée par ce second prismeétoit parfaitement circulaire. II ajoute que lorsqu’on plongeoirdans celte lumière de petits objets, on les voyoit distinctementau travers du prisme , tandis que les mêmes objets plongés dansla lumière non décomposée , ne paroissent que confusément.Mais pour réussir dans cette expérience, il y a des précautionsà prendre. II faut que la chambre soit bien obscurcie, aíin qu’au-cune lumière la'érale et étrangère ne vienne se mêler avec celledu rayon qu’on décompose. 11 faut que le prisme ait son angleréfringent au moins de 6o° , qu’il soit bien exempt de bulleset de veines, et que ses faces, de même que la lentille, soientpolies, non à la manière ordinaire qui ne fait que déguiser lestrous et les sillons en arrondissant leurs bords, mais comme lepratiquent les excellons artistes de télescopes. Avec ces soins quine tendent visiblement qu’à écarter toutes les circonstances étran-gères , et toute réfraction irrégulière , on ne manque pas deréussir dans cette expérience délicate, et c’est faute de les avoirpris , que d’habiles physiciens n’ont pu en venir à bout. Nousreviendrons sur cela avant la fin dc cet article. Continuons àdévelopper les différentes parties de la théorie de Neuton.
Les expériences ci-dessus nous conduisent naturellement àreconnoître la nature et la canse des couleurs des objets. Ellessont dans la lumière qui éclaire ces objets, et ils ne sont d unecouleur on d’une autre que parce qu’iìs sont d’une nature à ré-fléchir plus de rayons de l’une que de l’aulre. Le blanc enfinn’est que le mélange intime de tontes les couleurs primitivesdans les mêmes proportions que celles qui composent la lumièreblanche du soleil. Des expériences fort curieuses établissent cesfaits. i°. Après avoir formé par le moyen d’un prisme l imagecolorée , si on la regarde à travers un prisme tourné eu sens