56o HISTOIRE
l’astronomie d’une multitude d’inventions et d’ouvrages curieux.'Vers la lin de sa vie , il eut le même sort que Galilée , nousvoulons dire qu’il perdit ces yeux qui, de même que ceux doson célèbre compatriote, avoient découvert un nouveau monde,et même un monde bien plus reculé. Il mourut à Paris , le iaseptembre 1712 . Le catalogue des écrits qu’il a publiés durantsa vie, seroit si long que nous nous en tiendrons à ceux quenous citons dans le cours de cet ouvrage. Le lecteur curieuxde ces détails de bibliographie , pourra les rassembler d’aprèsl’histoire de l’Académie. Nous ne devons pas omettre ici queparmi les statues d’hoinmes illustres, ordonnées par Louis XVI,sous la direction de M, d’Angiviller , il y en a une décernéeà la mémoire de cet astronome célèbre. La France , quoiqu’ilne fut pas né dans son sein, s’est fait gloire de le regardercomme son enfant adoptif. Mais revenons au récit de ses travaux.
M. Cassini rendit dès l’année i653 un service signalé à l’As-tronomie. Chacun sait combien des observations laites avec unGnomon d’une hauteur considérable , sont précieuses aux astro-nomes pour la théorie du soleil. Ces instrumens sont effective-ment par leur grandeur presque les seuls capables de fournir ladétermination ue plusieurs points délicats de cette théorie, commela déclinaison de l’écliptique , l’entrée du soleil dans les tro-piques, &c. Il y en avoit un à Boulogne, dans l’église de Saint-Petrone; mais le P. Egna/do Dante qui l’avoit construit en \5j5 rn’ayoit pu , apparemment à cause de quelque sujétion , décrireune méridienne pour y recevoir l’image du soleil, de sorte qu’ils’étoit contenté d’une ligne qui en déclinoit de quelques degrés.Son objet n’étoit qne de montrer par une observation à la çortéedes moins intelligens, combien l’équinoxe du printemps secar^toit du 21 mars, auquel il étoit censé arriver; ce qui n’exigeoitpas davantage de précision qu’il y en mit.
M. Cassini qui aspiroit à éclaircir quelques points délicats dela théorie du soleil par des observations d’une exactitude par-ticulière, saisit l’occasion heureuse qui se présenta en i653, dechanger l’ouvrage de Dante, et de construire un gnomon par-fait. On travailioit alors à restaurer et à augmenter le templede S. Pétrone. M. Cassini s’adressa au sénat de Bologne, pouravoir la permission qu’il desiroit, et il l’obtint, il traça dans unautre endroit de l'égliss une véritable méridienne qui, contrel’attente et le jugement de tout le monde , passa entre deuxpiliers, contre l’un desquels elle paroissoit devoir aller échouer.Heureusement M. Cassini en jugea mieux, et pour le bien dei’Astronomie , il eut raison. Perpendiculairement au-dessus decette ligne, et à la hauteur de mille pouces, ou cent vingt-cinqpalmes bolonois, qui font environ quatre-vingt-trois pieds de* Paris ,