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un état bien capable d’exciter les regrets d’un amateur de l’As-tronomie ; à peine en. subsistoit-il des vestiges sur le terrain, etmême dans la mémoire des hommes. Picard parvint cependant,après beaucoup de recherches, et à l’aide du plan de Tycho, àen reconnoître quelques endroits où il fixa ses instrurnens. II ytrouva la latitude différente seulement d’une minute de celleque Tycho lui avoit assignée. Quant à la longitude , la diffé-rence étoit, comme on l’avoit soupçonnée, beaucoup plus con-sidérable; elle alloit à quelques degrés.
Picard lit à Uranibourg une autre observation qui étonna beau-coup les astronomes. En relevant les angles de position de diversendroits à l’égard de la méridienne d’Uranibourg, et les compa-rant à ceux que Tycho avoit trouvés, il s’apperç.nt qu’ils étoientdifférens de dix-huit minutes, de sorte que ce célèbre astronomeparoissoit s’être trompé de dix huit minutes dans la détermina-tion de sa méridienne. Cependant c’est un peu trop se hâter qued’en conclure que Tycho ait commis une erreur si considérabledans une détermination aussi importante; Picard lui-même n’osele faire, et il aime mieux conjecturer que ces angles ne devantservir qu’ù la carte des environs de l’île d’Hugne, ne furent paspris par Tycho avec son exactitude ordinaire.
Quoi qu’il en soit, cette observation de Picard fit naître alorsdans quelques esprits la pensée que la ligne méridienne pour-roit bien être variable. Mais cette conjecture a été détruite parla stabilité de celle de Bologne , dans laquelle Cassini ne trouvapas la moindre variation , après plus de trente ans, non plusque Manfredi, qui l’a de nouveau vérifiée dans ces dernierstemps ( 1 ). La position des pyramides d’Egypte , qui sont en-core très-exactement orientées, suivant le rapport de M. deChazelles, est un nouveau motif de croire que cette ligne estinvariable. Car une position si exacte ne pouvoit être l’effet duhazard , il faut qu’elle ait été autrefois choisie de dessein pré-médité , et qu’elle soit l’ouvrage des anciens Egyptiens. 11 y aencore d’autres raisons qui rendent cette variation peu probable jmais nous les supprimons pour abréger.
V I.
Tandis que Picard étoit à Uranibourg , P Académie méditoitun autre voyage dont l’Astronomie et la physique ont tiré degrandes lumières. II s’agissoit de déterminer par des observa-tions immédiates, et plus certaines que toutes celles qu’on avoit
(i) Comni. Acad. Bonon. tom. II.