DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. IX. 6Z9enfin ( Qed. ìn-fol. ), ouvrage fort étendu sur ce sujet, et où,quoiqu’il ait entièrement manqué le but en ce qui concernela nature de ces astres, on ne laisse pas de trouver des re-marques très-bonnes et très - importantes. Nous en avons ditquelque chose de plus dans l’article précédent.
Personne, après Tycho-Brahé , n’eut un observatoire mieuxfourni en instrumens excellons, que M. Hevelius : on peutajouter que personne n’eut plus de dextérité à s'en servir $c’est la justice que lui rendit Hallei au retour de son voyagede Dantzick, voyage qu’il avoit fait dans Punique vue de con-verser et de travailler avec cet astronome fameux. M. Halleiatteste qu’ayant observé plusieurs fois avec lui , et à l’aided’instrurnens garnis de télescopes, suivant la pratique alorspresque récente , tandis que Hevelius le faisoit de son côtéavec les siens garnis de simples pinnules , il n’y eut jamaisune minute entière de différence entre leurs observations. Ce-pendant on ne sauroit s'empêcher de taxer un peu M. Heveliusd’opiniâtreté , en ce qu’il refusa toujours d’adopter l'usage despinnules télescopiques. Mais que ne peut pas la prévention surles meilleurs esprits ! Hevelius étoit déjà fort avancé dans sacarrière , lorsque parut la nouvelle invention : pour l’adopter,il eût fallu réformer tout son observatoire, et c’eût été porterune sorte d’atteinte à ses observations antérieures 5 c’est pour-quoi , malgré la querelle un peu vive que lui fit Hooke (1) ,et le suffrage des meilleurs astronomes en faveur de cette nou-velle pratique, Hevelius tint ferme, et continua d’observer àsa manière. II nous a donné la description de son observatoireet de ses instrumens , dans son ouvrage intitulé : Machinaecelestìs pa?'s prior ( Ged. r 6/3 , ìn-fol.}. Cette première partiefut suivie, en 1679, de la seconde, où il communiqua aupublic ses observations de toute espèce. Mais celle-ci est de-venue excessivement rare , par le fatal incendie qui détruisit,au mois de septembre 16B0 , sa maison , son observatoire , sonimprimerie , &c. , et qui lui causa une perte de plus de trentemille écus. Cependant peu après il rétablit son observatoire ,quoique sur un pied moins brillant; et s'étant remis à observer,il eut en i 6 b 5 la matière d’un nouveau volume d’observations»H y avoit alors quarante-neuf ans qu’il observoit ; c’est pourcela qu’il intitula ce livre : Annus clìmactericus seu rerumuranìcarum annus quadragesìmus nonus. Cet ouvrage fut ledernier qu’il publia ; sa mort, qui arriva deux ans après, l’em-peclia d en mettre au jour deux autres qu’il méditoit, et qu’ilavoit fort avancés. Ils furent publiés en 1690 ( ìn-fol . ) , par
(1) Ammad. in Mach. celest. Hevelii, 1674 , m- 4 0 .