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Tome quatrième.
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ï 2 HISTOIRE

placés sur la lune; or elle ne présenta jamais rien de semblable.’Quand notre atmosphère est suffisamment débarrassée de nuageset de vapeurs , nous voyons constamment les mêmes taches etles mêmes détails sur le disque de la lune ; et puisqu’une éten-due grande comme Paris, y est perceptible pour un observateurmuni d’une lunette de vingt pieds de longueur, à plus forteraison y appercevroit-on un nuage de vingt lieues ; mais lemoindre détail qu’on aura vu aujourd’hui dans la lune, on lereverra toutes les fois qu’on considérera la lune dans la mêmeçituation.

Si la lune avoit une atmosphère comme la terre, lorsqu’elleapproche d'une étoile , on devroit voir cette étoile éprouverl’effet de la réfraction causée par cette atmosphère ; les étoileséprouvent bien un rapprochement de deux ou trois secondes,que du Séjour appelloit Inflexion, mais elle peut être produitepar l’irradiation ou le débordement de la lumière de la- lune ,et si c’est une réfraction , elle est si petite , qu’elle indiqueune atmosphère presque nulle.

Les phénomènes qu’on observeroit, si l’on étoit dans làlune, sont assez singuliers pour que nos lecteurs désirent d’entrouver ici quelque chose. Et d’abord comme la lune fait sarévolution autour de la terre, en un mois , et lui présentetoujours à peu-prés le même hémisphère , il s’ensuit qu’elleest successivement éclairée par le soleil, dans l’espace d’unmois. Ainsi, un jour lunaire , est à peu-près de quinze joursdes nôtres, ou quatorze jours dix-huit heures, et la nuit,d’autant : telle est l’apparence que lui présenteroit le soleil.Mais à l’égard de la terre , elle est bien plus variée et plussingulière. Un habitant de la lune, placé à peu-près au milieude son disque tourné vers la terre, verroit toujours la terre àpeu-près à son zénith et vacillant seulement de quelques degrés,a cause du mouvement de libration ou de balancement qu’é-prouve la lune. Mais l’habitant placé dans l’autre hémisphèretourné du côté opposé à la terre, ne la verroit jamais, laface cpe nous voyons étant toujours la même, et toujourstournée vers nous. Si nous éprouvions pareille chose à l’égardde la lune, il y auroit sûrement des astronomes qui feroientle voyage des antipodes, pour voir cet astre sans cesse croissantet décroissant de lumière. Mais le phénomène le plus singulier,est celui que présente la terre aux habitans que nous supposonsplacés au bord du disque de la lune. Car ils doivent voir cetastre tantôt monter sur i’horizon , jusques à une hauteur dequelques degrés, puis se plonger au-dessous de l’horizon parun mouvement rétrograde, pour disparoître pendant quelquesjours. II y a" cependant des points d’où la terre sembleroît