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Tome quatrième.
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3 43 HISTOIRE

haut, et se multiplier à raison de l’étendue de Tare mesuré.On voit par-là combien la détermination de la ligure de la terrepar la mesure d’un degré de parallèle, ou même de l’équateur,était délicate, et d’après cela on ne sera plus étonné que lespartisans de la terre aplatie ne se rendissent pas aux opérationsde Cassini. 11 ne restait de moyen assuré pour décider la ques-tion , que d’avoir un degré mesuré à une distance considérabletle celui de France , aíin que leur différence ne pût être absorbéepar les erreurs inévitables des observations. Ce fût ce qui inspiraà la Condamine et à Godin, le projet de voyager vers l’équateur ;il s’agissait d’abord de Cayenne ; mais la double chaîne de mon-tagnes qui forme la fameuse cordéllière du Pérou , et qui estassez bien alignée dans la méridienne, offrait de loin des pointscommodes pour la formation des triangles nécessaires à la me-sure géodésique , et le pays était soumis à un souverain allié parle sang et par les intérêts avec la France : ainsi , il était aiséd’obtenir les facilités convenables pour cette grande expédition.Elle fut donc résolue , et le comte de Maurepas ayant demandél’agrément du Roi d’Espagne, il fut accordé. Godin, Bougueret la Condamine furent destinés pour cette expédition. Le dé-sagrément de quitter peut-être pour bien des années une patriechérie, et les dangers inséparables d’un pareil voyage ne lesébranlèrent pas ; on leur adjoignit Joseph de Jussieu , frère desdeux célèbres académiciens de ce nom , pour faire des obser-vations sur l’histoire naturelle j Verguin, ingénieur, pour lesplans et cartes ; Morainville, dessinateur pour l’histoire natu-relle ; Couplet, neveu du trésorier de l'académie, et Godin desOdonnais , pour aider les académiciens dans leurs opérations jeníin, Seniergue et Hugo , le premier , chirurgien , et le se-cond , horloger et ingénieur pour les instrumens de mathéma-tiques. On voit, par-là , qu’on avait tout prévu, et jamais ex-pédition savante ne fut faite avec tant de magnificence et demesures pour la faire réussir. Elle fait le plus grand honneurau souverain sous les auspices duquel elle fut entreprise, ainsiqu’au comte de Maurepas qui la dirigea , et la fit agréer àLouis XV , et au cardinal de Fleury, premier ministre.

Ces académiciens et leur suite partirent de la Rochelle le 16mai 1735 , sur un vaisseau du Roi, et abordèrent à Saint-Do-mingue vers le milieu de juillet. Ils passèrent de-là à Cartha-gène , où ils arrivèrent en novembre , et où ils trouvèrent domGeorge Juan , commandeur de l’ordre d’AHag a , et dom Antoniode Ulloa, alors lieutenant de vaisseau, que S. M. Catholiqueavait jugé à propos de nommer , pour prendre part aux opé-rations des académiciens français j l’un et l’autre , dignes de cechoix par leur zèle et par les talens dont ils firent preuve pen-