382 HISTOIRE
et de la manoeuvre. La navigation maintenant doit être consi-dérée sous deux aspects dif’fërens. C’est l’art de construire unbâtiment et de le conduire à travers le sein des mers au moyendes puissances mécaniques qui doivent le mettre en mouvement.Ainsi c’est à cet égard proprement une branche de la mécanique,mais si importante, qu’on est généralement convenu de l’endétacher ct d’en taire une science particulière ; et cela est d’au-tant plus fondé, que ce n’est pas sans peine qu’on est parvenuà développer la manière dont les principes mécaniques s’y ap-pliquent. La plupart des questions qui naissent des considérationsmathématiques appliquées à la navigation ne demandent pasmoins que les moyens les plus recherchés de la haute géomé-trie et de la dynamique. Heureusement, il faut en convenir,les essais multipliés des hommes , leur ont tait trouver à cetégard à-peu près ce qui étoit le plus avantageux. La théorien’est venue que secondairement.
Sous le second aspect, la navigation est en quelque sorte unepartie de l’astronomie, dont elle emprunte les secours , et c’estprincipalement à cet égard qu’elle doit aux mathématiques , tousles moyens que les navigateurs on t pour sereconnoìtre à chaque ins-tant dans les plus vastes mers, et pour se diriger avec sûreté versle lieu apquel on doit aborder. Sans la boussole et les moyensque fournit l’astronornie pour en reconnoître la déclinaison , va-riable à chaque jour à mesure qu’on traverse les mers , commentse dirigeroit-on exactement suivant le rumb de vent convenable ?sans les instrumens pour prendre hauteur, comment recon-noîtroit-on le parallèle de la terre où l’on se trouve? sans lesobservations des éclipses ou des positions de la lune, et sansles horloges marines, comment sauroit on sous quel méridien,ou à quelle longitude terrestre on se trouve ?
La première de ces deux branches de la marine renfermela construction et la manœuvre des vaisseaux, et c’est celle dontnous allons parler.
En 1681, il se tint à Paris des conférences qui contribuèrentà la perfection de l’architecture navale, où assistèrent le marquisDuquesne, le chevalier Renau , des constructeurs habiles. De-puis ce temps-là l’on a beaucoup écrit sur cette matière qui n’acessé de se perfectionner..
En 1697, le P. Hoste, jésuite, publia sa Théorie de la cons-truction des vaisseaux , et c’est le premier ouvrage où l'onait vu des principes; mais la pratique, ou plutôt la routine desconstructeurs, fut long temps leur seul guide.
Le traité de Wit.ssen, constructeur hollandois, eut beaucoupde réputation ; mais les états-généraux, jaloux de leurs pratiques,en ordonnèrent la suppression.