54o HISTOIRE
heure à la lune pour parcourir un deini-degré, Ainsi on auroitpu commettre à cet égard seulement une erreur de près d’uneheure , ou de 3 oo lieues sur l’équateur. Ajoutons cjue ces auteurs,à l’excention de Nonius , avoient encore omis une chose fortessentielle ; savoir , de faire à leur observation la correction dela parallaxe de la lune et môme de la réfraction ; élémens quicompliquent beaucoup le calcul nécessaire pour déduire le lieuvrai de la lune du lieu observé , et qui n en sont pas moinsessentiels ; mais l’idée n’étoit pas moins belle , et c’est encorecelle que l’on suit actuellement.
Le problème de la détermination des longitudes en mer, étoittrop essentiel dans la navigation , pour qu’on doive s’étonnerde voir des princes et des états s’intéresser à sa solution. Le roid'Espagne Philippe II, voulant encourager les mathématiciensà s’en occuper , proposa pour celui qui le résoudroit une récom-pense de cent mille écus ; et les états de Hollande , au commen-cement du 17 e siècle, promirent aussi à i’heureux Oedipe decette question un prix de 3 oooo florins.
Beaucoup de personnes s’occupèrent alors de ce problème ;celui qui lit le plus de bruit fut Guillaume le Nautonnier , sieurde Castel-Franc , dans le Haut-Languedoc , vers 1610. II avoitlu dans dean Baptiste de la Porte , Michel Coignet, Livius 8 a-nutus , Toussaint Bessard, etc,, que l’on pouvoit trouver la lon-gitude par la déclinaison de l’aiguille aimantée , il crut avoirtrouvé deux pôles magnétiques fixes, vers lesquelles l’aiguilleaimantée se dirige perpétuellement. Ces deux pôles diamétrale-ment opposés , étoient, selon lui, situés à 23 ° du pôle boréalet du pôle austral, sur un méridien peu éloigné de celui de l’ìlede Fer. Lorsqu’on se trouvoit sur un méridien coupant perpen-diculairement celui sur lequel étoient les pôles magnétiques , ladéclinaison étoit la plus grande qu’elle pût ôtre sur cette lati-tude , et au contraire nulle lorsqu’on étoit sur le méridien deces pôles. Enfin ce n’étoit plus qu’un problème trigonométriquefacile, que celui de déterminer la déclinaison de l’aiguille , étantdonnée la longitude et la latitude d’un lieu de la terre , et viceversâ. Il tâcha d’étayer son système par les observations , c’estl’objet de sa Mécométrie de Vaimant. C’est'une chose singulièreque de voir comment il fait venir à ses fins les observations quileur sont les plus contraires. Cependant il étoit si persuadé d’avoirrencontré juste , qu’il calcula d’amples tables, qui lui coûtèrentbeaucoup de peine ; il ne paroît pas au reste qu’il ait persuadébeaucoup de monde. Sa Mécométrie de V aimant îw\ réfutée avecforce et solidité en 1611 par Dounot, de Bar-le Duc, dans unouvrage intitulé : Confutation de L’invention des longitudes parla Mécométrie de Vaimant, Paris , in- 4?.