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Tome quatrième.
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GÉOGRAPHIE. 5 97

dont Strabon critique quelques endroits; niais il en preml íie-guemment la défense contre Hipparque qui semble le contre-dire avec quelque affectation. Polybe avoit aussi écrit sur lagéographie , ainsi que Géminus et Possidonius , qui sont fré-quemment cités par Strabon. Polybe, suivant Géminus raison-nent très-bien sur la possibilité' qu’il y avoit à ce que la ZoneTorride fut habitée; et môme il faisoit voir, par une raisonqui est fort plausible, que les pays sous l’équateur même étoientplus tempérés que ceux qui sont situés dans le voisinage destropiques.

Nous ne devons pas omettre ici un géographe et géomètrequi vivoit vers le temps d’Alexandre. C’est Dicearque , le N es-sénien , disciple de Théophraste, qui avoit fait une descriptionde la Grèce en vers ïambiques. 11 en subsiste des fragmens ;mais ce qui le rend remarquable, c’est qu’il mesura géométri-quement diverses montagnes, auxquelles on donnoit une hau-teur démesurée. Il trouva par exemple le Mont Cyllène hautde quinze stades au plus, et le Satabyce d’environ quatorze.En prenant la stade de 9 4 t> toises, on trouve pour la premièrede ces hauteurs 1400 toises au plus; ce qui est bien moindreque les 3oo, 4°° ou 5oo stades que les anciens don n oient àleurs hautes montagnes, car dans ce genre le peuple exagèretoujours.

Á côté de Dicearque nous ne pouvons mieux faire que demettre un autre géomètre cité par Plutarque dans la Vie deTaul Emile \ il se nommoit Xénagore, et il avoit, comme ledisciple d’Aristote, mesuré la hauteur des montagnes. Car ill’avoit aussi réduite à sa juste valeur, il ne donnoit au montOlympe que 1 5 stades; ce qui ne fait que í 4 1 7 toises.

11 y eut encore dans ces siècles qui précédèrent immédiate-ment Père vulgaire plusieurs autres géographes, comme Arté-midore d’Ephèse qui écrivit une géographie ou périple en onzelivres qui ne nous est pas parvenue; Scymnus de Ghio, auteurd’uue Périégése ou Description de la terre envers 'ïambes ,qui ne nous est parvenue que tronquée ; Isidore de Charax quidonna une description de l'empire des Parthes, et Scylax deCaryade auteur d’un Périple de la Mer Méditerannée que nousavons.

Mais ce ne sont que des opuscules en comparaison de laGéographie de Strabon, en dix sépt livres qui nous est parvenueentière. C’est un des plus précieux ouvrages de l’antiquité parl’esprit de discussion qui y règne, et le nombre de traits cu-rieux que cet auteur a recueillis des divers géographes et voya-geurs qui l’avoient précédé, et dont il ne reste que ce qu’il ena extrait. Strabon vivoit sous Auguste et Tibère, et il eut à-