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Tome premier.
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180 ÉCONOMIE DOMESTIQUE.

plantes qui croissent en abondance dans les ma-rais ; on peut meme en suivre la gradation, enpartant de la surface où elles sont fraîches et vi-vantes , et allant vers la partie inferieure destourbières qui renferment les couches les plus an-ciennes, les plus compactes et les plus estimées ;mais ce qu’on ne sait point aussi bien , c’est laraison pour laquelle certains marais ont la facultéde transformer les plantes qu’ils noun'isscnt entourbe, tandis que d’autres qui n’en sont pointéloignés, et qui produisent les mêmes végétaux,les laissent se pourrir et se consumer sans avoirla puissance de les tourber. 11 ne faut donc pasconsidérer ce combustible comme étant un hu-mus, ou le résidu des végétaux pourris; c’est aucontraire un assemblage de plantes dont le tissuest bien conservé, et qui a même la propriété depréserver le bois de la décomposition : on com-pare cette action préservatrice à une espèce detannage ; et ce n’est pas sans raison, car les tour-bes renferment du tannin.

On croit assez généralement que les tourbes seforment journellement encore, qu’elles tendentà remplir de nouveau les excavations d’où l’onen a déjà extrait, et qu’il s’en prépare de vastesdépôts au fond de certains lacs, pour le servicedes générations futures : quelques naturalistespensent même que cette reproduction suit unemarche assez rapide. M. Van-Marum, directeur