BRIQUES ET PISÉ. l63
l’eau avec avidité , se gonflent d’une manièresensible, tiennent d’autant plus fortement à l’hu-midité dont elles sont pénétrées, qu’elles formentde plus grosses masses ; et enfin, si on les ex-pose au soleil, ou dans un lieu trop échauffé,elles se retirent trop promptement sur elles-mêmes, se contractent pour ainsi dire, et se fen-dillent en tout sens. On conçoit donc sans peine,que l’on doit faire sécher les briques mouléesdans des lieux ombragés et aérés, et qu’on ne lesexpose au soleil que lorsqu’elles sont déjà très-dcsséchées.
Dans les pays excessivement chauds, on a duprendre encore d’autres précautions pour em-pêcher les briques de se fendiller en séchant :l’on y réussit en effet parfaitement, en pétrissantde la paille hachée dans la terre qui doit servir àleur fabrication. Cette multitude de brins depaille, placés en tous sens, s’opposent à la dés-union des parties, et servent de lien à la terre.Cet usage de mêler de la paille dans l’argile a étéobservé dans les monumens antiques qui sontconstruits en briques crues; on le retrouve à lafois dans les débris de l’enceinte de Babylone , etdans les restes d’un grand nombre de pyramidesen Egypte . Tous les voyageurs s accordent à direque les briques crues de Babylone étaient liéesensemble avec du bi tume ; ce qui n’a rien d’éton-nant; car dans une contrée où celle substance est