BADIGEONS. T 97
sombre est due au travail d’une petite araignéequi se loge dans les nombreux porcs de cettepierre, qui s’y multiplie à l’infini, et qui, enfilant et arrêtant les poussières, protège et pro-voque même la croissance d’un lichen microsco-pique, qui s’étend de plus en plus, et qui finit parcouvrir les plus grands monumens de la capi-tale^). Pour prévenir cet inconvénient, et con-server aux édifices cet air de nouveauté qui a bienson mérite aussi, feu Bachelier, directeur del’école gratuite de dessin de Paris , fit, en 17.15,quelques recherches sur la composition d’un ba-digeon conservateur, et fut autorisé par finten-dant des bâlimens de la couronne à en faire le-preuve sur trois colonnes de la cour du Louvre.En effet, on enduisit ces colonnes à moitié deleur hauteur du badigeon de Bachelier, et ellesse sont fait remarquer par leur teinte uniforme vet assez semblable à celle de la pierre neuve,jusqu’en juillet 1808, époque à laquelle on ter-mina les parties du Louvre, qui n’étaient qu’é-bauchées, et où le grattage mit le tout en har-monie.
Ce ne fut qu’à cette époque, c’est-à-dire aprescinquante-trois années d’épreuve, qu’un membre
(1) Rapport de la commission chargée de la recherche duprocédé de feu Bachelier, pour la composition d’un badigeon,conservateur, 1809. ( Voyez plus haut, page 7. )