LIVRE VII. CIIAP. CV.
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en se mettant en contact avec l’air atmosphérique,prendra la forme et les caractères de fluide. Maisaucune de ces explications ne peut convenir en-tièrement aux éruptions fangeuses des volcansd’Amérique , vu la présence des poissons : il estdonc nécessaire de chercher une autre hypothèse.
§ 65o. Il arrive assez fréquemment que legouffre des volcans se ferme, de manière quele fond du cratère forme une plaine qui se con-vertit en lac. Ce cas aura lieu d’autant plus fa-cilement, qu’il s’agira non d’une petite montagneisolée, comme l’est le Vésuve , mais d’une grandemontagne réunie à d’autres; en sorte que non-seulement les eaux pluviales , mais encore cellesqui, par des canaux souterrains, viennent deréceptacles plus éloignés, puissent se rassemblerdans la profonde cavité du cratère restée froide.Les poissons qui se trouvent dans ces réceptablespourront suivre les eaux qui se rendent dans lenouveau lac, et s’y multiplier l 1 ). Lorsque levolcan commencera à s’enflammer ou qu’il sur-viendra quelque mouvement intestin dans lescavités les plus internes, le premier effet qui devra
(I) II y a beaucoup d’exemples de cratères volcaniques trans-formés en lacs peuplés de poissons. Pour en citer quelques-uns,je nommerai les lacs de Ronciglione , d’Albano , de Nemi, etc.,dans l’état de Rome ; celui d’Averne près de Naples , etc. Sil’un de ces volcans venait à reprendre son ancienne activité,l’effet de sa première éruption serait celui de rejeter l’eau avecles poissons qui s’y sont multipliés.