LIVRE VIT. CHAP. CX.
lave qui les unit et en forme le ciment. Les lavesde File d’ischia sont très-abondantes en feld-spaths, et les pyroxènes prédominent dans cellesde l’Etna . Le problème se réduit donc â ceci :les substances cristallisées, contenues dans leslaves , étaient-elles formées antérieurement ; pré-existaient-elles dans les matières et dans les couchespierreuses fondues par le feu du volcan, et ont-elles été enveloppées dans les laves : ou bien sesont-elles formées dans la lave elle-même, etdoit-on les considérer comme le produit de quel-ques élémens contenus et épars dans les laves ?La première idée qui se présenta à l’esprit desobservateurs , fut celle de penser que ces cristal-lisations appartenaient à quelques roches internesdu globe , qui avaient été exposées à Faction dufeu volcanique. A la vérité on trouvait de ladifficulté à concevoir comment ces mêmes cris-tallisations avaient pu se conserver dans la fusionde la roche primordiale qui les contenait ; maiscette difficulté semblait aplanie , lorsqu’on réflé-chissait que plusieurs des cristaux renfermés dansles laves étaient brisés, et qu’on tâchait de di-minuer autant que possible la chaleur des laves,comme nous l’avons dit dans les §. es 653 et suiv.Cependant la difficulté devenait invincible rela-tivement à la zéolithe , substance qui fond à undegré de chaleur, même très-léger : aussi plu-sieurs naturalistes avaient-ils cru devoir faire une
Tome III.
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