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îa porte , on met des plateaux droitscontre fa surface extérieure , & une piecede bois en arcboutant pour servir d’étai.
Le fourneau étant rempli , comme ilvient d'être dit, on introduit dans lesfoyers une quantité suffisante de tourbes,que l'on allume par les six trous d’undes côtés du four, après avoir aupara-vant bouché les six autres qui leur fontopposés, avec des portes maçonnées enbriques &: jointes ensemble fur leur champ.
On continue à chauffer par ces sixpremiers trous pendant vingt - quatreheures, en observant dans les commen-cemens de ménager la chaleur comme celase fait par - tout; environ toutes les deuxheures, on remet de nouvelles tourbesdans les foyers : l'habitude fait que lecuiseur les jette très-adroicement par cespetites embouchures, & aussi avant qu'ille juge nécessaire : lorsqu’il a chaufféd'un côté, il en bouche exactement lesouvertures, & ouvre celles qui leur fontopposées pour en faire de méme pendantvingt - quatre heures , ce qu’il répetealternativement trois à quatre semainesde fuite, temps nécessaire pour cuire lesgrandes briques ; il y a pourtant de cesfourneaux où le feu ( à ce que l'onassure ) doit être entretenu pendant cinqou six semaines, ce qui dépend de leurgrandeur & du temps qu’il fait : on nousa dit près de Moor, que quinze ou vingtjours suffisoient pour les petites briques.
Après qu’on a cessé de chausser , ilfaut encore trois semaines pour les laisserrefroidir, avant que de les retirer dufourneau ; il arrive ordinairement que lamasse de briques s’assaisse dans différensendroits , ce qui provient fans doute dela diminution de volume quelles éprou-
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vent en cuisant , & de ce que quelques-unes ont fondu ensemble pour avoir souf-fert trop de chaleur.
La qualité des briques que l'on retirede ces fourneaux , différé en raison dudégré de cuisson qu’elles ont acquis :par exemple > celles qui occupent letiers du milieu de leur hauteur , font le splus estimées : elles font noires , très.sonores, compactes & point déformées yelles présentent dans leur cassure lecoup - d’œil d’une matière vitrifiée ; lesbriques de cette espece & dimensionscitées ci - dessus font employées commu-nément à construire les citernes & les caves.
Les tourbes dont on fait usage pourcette opération, fe tirent de la provincede Frise ; elles sont plus grandes & pluslégeres que celles de Hollande ; moinscompactes , & paroissent être moins ter-■ reufes ; elles font composées de plantes& de racines plus grosses que les autre».par cette raison elles brûlent plus promp-tement & donnent de la flamme, au lieuque celles de Hollande n’en donnent pres-que pas, fur - tout lorfqu’elles font agitéesi par í'air extérieur qui entre par les em-bouchures des foyers : ces tourbes laissenttrès - peu de cendres après elles ; de forteque , quoiqu’il n'y ait point de cendriers }elles ne gênent aucunement-
Quoique nous nous soyons assez étendus,fur la description de cet art, les bornesque cet article doit avoir ici, & la craintede multiplier les planches, nous ont obligéà omettreplusieurs remarques intéressantes..Le lecteur qui chercherai connoître à fondcet art, pourra consulter VArt du Tuilier& du Briquetier , d’où nous avons tiré àpeu près tout ce que nous avons dit fur ce,sujet. Uì