O B S E R V A T I O N S:
la charge complété du four , ainsi qu’unequantité proportionnée de houille. Alorsle chaufournier reçoit un panier remplide ces pierres que deux servans lui des-cendent, au moyen d’une corde , & jeteles pierres fur le lit de houille , puis unautre semblable panier : il range grossiè-rement ces pierres , le plus souvent avecson pié sans se baisser , ensorte qu’ellesrecouvrent toute la houille. Sur ce litde pierres , qui s’appelle une charge , &qui peut avoir trois à quatre pouces auplus d’épaisseur , il étend un lit de houille ,ou une charbonnée , en vidant un panierqu’on lui descend , comme ceux de pierres.Le poussier par son choc en tombants’insinue dans les joints des pierres > &les recouvre entièrement. Le chaufournierrépete la même manoeuvre des charges& charbonnées alternatives , jusqu’à ceque le four soit totalement rempli* IIobserve feulement de faire les chargesun peu plus épaisses , à mesure qu’elless’élevent, & fur - tout vers l’axe du four,où le feu est souvent le plus actif. Cescharges forment donc ordinairement uneefpe'ce de calotte, & peuvent avoir versle sommet du four sept à huit poucesd'épaisseur autour de Taxe , au lieu decinq à six pouces près les bords de l’en-tonnoir. Pour le servir diligemment , ily a huit ou dix manœuvres munis de deuxdouzaines de mannes ou paniers qu’iisrompissent des pierres fur la plate-forme,& qu'iis vident successivement dans celuique l’on descend au fond du four, ainsique la houille , quand le chaufournier ledemande. Il faut une heure, pour arrangerdans le four environ soixante - douze piéscubes de cette menue pierre.
Les mêmes journaliers font occupés à
briser le moëlon avec des marteaux, lors*qu'iis ne servent pas à la charge du fourou des voitures qui viennent chercher lachaux. Ce n’est pas que de plus grossespierres ne fe calcinent également bien aufeu de houille r comme on le pratiquequelquefois à portée des carrières & desmines ç mais l’éloignement de l’une &l’autre apporte nécessairement des chan-gemens dans la manipulation de cet atte-ster ; c’est ce que j’ai remarqué à dixlieues de Landrethun , d’où l’on tire lapierre & la houille à grands frais pourles fours à chaux de M M. Thierry ,entrepreneurs des ouvrages du roi deFrance , & négocians à Dunkerque,qui m’ont fourni plusieurs bonnes remar-ques assurées fur leur longue & intelligentepratique , & m’ont procuré toutes sortesde facilités à leurs fours pour mes épreu-ves* La houille doit être distribuée dansle four par couche > d’une épaisseur pro-portionnée à son degré de bonté & à lamaíîe des morceáhx de pierre. Si lespierres ne font pour la plupart â peu prèségales , les plus grosses ne feront pasencore pénétrées de feu , lorsque les moin-dres feront déja calcinées : il faudroit doncobserver dans les charbonnées de donnerplus de housse à celles - là qu’à celles-ci ;ce qui, outre la grande sujétion , pro-duiroit souvent.de f inégalité dans la cal.cination , beaucoup de noyaux , que leschaufourniers appellent auffi rigaux &marrons dans les grosses pierres, & con-sommeroit beaucoup de houille inutileautour des petites. Or > quand la pierreest chere , on ne lassé perdre ni les éclatsdes moellons, ni les recoupes de la taille »& il fe rencontre nécessairement beau-coup de menus morceaux dans la pierre