228 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREde ces mêmes vaisseaux. Lorsque ies aiguillons intérieursfont dardés pour pénétrer plus avant fous la peau dubœuf, & loríqu’ils en íònt subitement retirés en arriére,ils font probablement l’offiee de pistons aípirans ou re-foulans, & peut-être font-ils i’office & des uns & des au-tres; il en est peut-être de même des aiguillons des autresmouches dont nous avons parlé ci-devant.
Ce qui me paroît au moins très-certain, c’est que l'as-semblage de tous íes aiguillons fait le conduit par lequelle sang dei’animal picqué, monte dans le corps du taon,que ce sang ne passe point par quelqssouverture placéeentre les levres. Je vais rapporter {'observation qui m’ena convaincu. Vers la mi-Septembre, me trouvant dansun chemin difficile, où dix bœufs tiroient ma breline, jemis pied à terre; quantité de taons de la petite efpeceétoient alors fur ces bœufs; & je regardai comme unebonne aventure de ce qu’il y en eut un qui voulut biendonner la préférence à ma peau. Je vis voler un taon furle dessus de ma main, & il n’y fut pas plutôt posé que jesentis fa picqûure. La douleur fut legere, & eût-elle étéconsidérable, elle ne m’eût pas déterminé à le troublerdans son opération, j’étois trop aise d’avoir la plus favo-rable occasion que je pusse souhaiter, d’observer com-ment ces mouches font agir leur trompe; les poils dubœuf le plus patient Sc le plus tranquille, ne m eussent paspermis de voir ce que je pouvois voir fur ma main. Munid une forte loupe, & maître de mettre ma main dans laposition la plus convenable, j’obfervai à mon aise le taonpendant qu’il bûvoit mon sang avec avidité. Sa trompefl etoit pas plus allongée quelle lest dans l’état naturel,mais ses levres très-ouvertes, très-écartées l’une de l'autreà la partie antérieure, étoient posées fur le bord de laplaye qui yenoit d etre faite; estes en étoient entièrement