2^2 MEMOIRES POUR DHlSTOIREtle ces assemblages d yeux d’une prodigieuse petitesse. Lesnouveaux yeux que nous voulons faire connoître, ontune surface qui, examinée avec les meilleurs microsco-pes, paroît lisse & polie, une surface sur laquelle on nevoit point de rezeau ; ils sont plus petits, & souventbeaucoup plus petits que les yeux à rezeau ; aussi par op-position à ceux-ci les appellerons-nous tantôt les petitsyeux,* & tantôt les yeux lisses.
M. de la Hire est le premier, que je sçache, qui ait ob-* Pî. rcj.sig. serve lés petits yeux des mouches. II en découvrit trois *1.&2disposé triangulairement fur le derrière de la tête; il vitlà trois petites convexités luisantes; & ayant reconnu en-suite qu’elles étoient transparentes, il se crut très-fondéà les regarder comme les cornées de trois yeux, & descornées analogues à celles des nôtres. II crut mêmeavoir trouvé plus de ressemblance à ces petits yeux desmouches avec les nôtres, qu’ils n en ont réellement; il* Fìg, i. crut leur avoir vu des paupières. Des poils * singulière-ment placés fur quelqu’une des mouches qu’iî observa, luien imposèrent apparemment; car la nature n’a accordé despaupières à aucuns des insectes ailés qui'nous font con-nus. Enfin M. de la Hire ne trouvant pas aisés d’anaio-gie entre les gros yeux, les yeux chagrinés des mouchesSc les nôtres, il ne voulut reconnoîtrc pour leurs yeuxque ceux qu'il avoit découverts, il lui parut que c etoitassés pour des mouches d’en avoir trois, pendant quenous n'en avons que deux.
On trouve ces trois yeux lisses, disposés triangulaire-ment fur le derrière de la tête des mouches de plusieursgenres, soit de celles à deux ailes, comme les mouchesde la seconde classe, soit de celles à quatre ailes, commeles abeilles, les guêpes, les ichneumons, &c. Mais il y ades mouches, soit à deux ailes, soit à quatre ailes à qui