des Insectes. XII . Mem . 499Les curieux qui cultivent les fleurs avec tant de foin,qui nous procurent le plaisir de voir dans leurs jardins ceque la nature peut montrer de plus beau pour la vivacité,f éclat, la variété, les combinaisons & les arrangemens descouleurs, ces curieux qui semblent forcer la nature à nousfaire voir en ce genre de nouvelles beautés, ou à exposerà nos yeux celles qiselle tenoit cachées; ces curieux, dis-je, ont à défendre leurs plantes contre bien des insectesdifferens, dont les uns les attaquent hors de terre, & donties autres les attaquent fous la terre même. Mais les ama-teurs des fleurs pardonneront plus volontiers à l’infëcte,dont je veux parler à présent, de ronger les oignons denarcisse, qu’ils ne lui pardonneroient un goût aussi mar-qué pour les oignons de tulipe. II y a quelques annéesque M. r Bernard de Jusiîeu me donna, dans le mois deNovembre, plusieurs oignons de narcisse tirés de terredepuis peu de temps, dans chacun desquels il y avoítun gros ver qui le rongeoit; je trouvai même deux verslogés dans un de ces oignons. L'oignon qui est habité,est aisé à distinguer des autres : il est percé par un trourond *, qui est la porte par laquelle le ver est entré très-petit, & peut-être encore la fenêtre par laquelle il a unecommunication avec l’air extérieur. Si on presse cet oi-gnon entre deux doigts, on ne lui trouve pas la fermetéqu’ont les autres oignons ; les différentes robes, les feuil-lets dont il est composé, ont été coupés 6c mangés enpartie. II y a même plus de vuide 6c plus d altération dansf oignon, qu’il ne devroit y en avoir à raison de ce qui ena été ôté ; sintérieur s'est pourri ; chaque ver * est entouréd’une espece de boue brune : les excrémens liquides quejai vu rendre au ver, font propres à faire pourrir, à réduireen terreau les feuillets qui ont été hachés.
.Dans l’instant qu'on vient de tirer un de ces vers *Tome IV- . Rrr
* Pî. z H. fîg.i. a.
* Fig. 2.
* Fig. 2.