JI2 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREdonner une vraie image íans en rappeiier de désagréables.Le ver se tient dans une playe aisés considérable, où il sedoit faire une suppuration, une partie de la cavité nepeut donc manquer d’être remplie de pus. La bosse estune espece de cautère qui a été ouvert par la picquûrede la mouche, comme les cautères ordinaires le font parlin caustique; le ver entretient ce cautère, il 1 empêche dese fermer. Si le pus qui est dans la cavité, celui qui s’yforme journellement, n’avoit point d’issue, chaque tu-meur deviendroit un abscès considérable dans lequel lever périroit;mais le trou de la bosse, qui donne entrée àf air, permet au pus de sortir, ce pus colle souvent ensembleíes poils qui font au dessus des petits trous; quand il sedessèche, soit autour de ceux-ci, soit autour des plusgrands trous, & qu’il y prend consistance, il forme dans* xi, 3 6.fig. l’intérieur de í’ouverture, une espece d’anneau * qui pa-3' roîtfait d/une matière semblable à la chassie des yeux.
Notre ver a donc été destiné par la nature à croître dansun endroit où se trouve la plus dégoûtante de toutes lesmatières. Cette matière occupe le fond de la cavité, &c’est aussi au fond de la cavité qu’est la tête du ver; fa tête estdonc continuellement ou presque continuellement dansle pus, & fans doute qu elle y est très-bien. Malgré toutce que notre imagination nous en peut dire, la tête du very est plongée dans une eípece de lait ou de chyle plus ani-mal & plus préparé que le lait & le chyle ordinaires : carqu’est-ce que ce pus! est-il autre chose que des matièresanimales, & sur-tout des chairs bien dissoutes, & pour ainsidire, bien digérées & mêlées avec ce qui s’échappe desvaisseaux ouverts! Enfin ce pus paroît être Tunique alimentaccordé au ver, car il n’y a pas d apparence que ce ver vivecomme ceux des mouches de la viande, de la chair même,qu’il en fasse passer de petites parcelles dans son eslomach.