P R E'F A C E. xvij
Dès qu’un des petits dés qui doit être une cellule estfini, la mouche ne tarde pas à le remplir de pâtée, & à ydéposer un œuf ; mais fi on sc rappelle que le nid estcouché horiíòntaiement, & que la pâtée a de la disposi-tion à couler, on jugera que la mouche est clans la né-cessité de bien boucher l’ouverture d u petit vase; elle n’ymanque pas. La maniéré dont elle le fait, est la plus simple& la meilleure qu elle pût choisir en réemployant que lesmêmes matériaux dont elle s'est servie pour former levaíè même, qui sont apparemment les seuls qu’elle í'çachemettre en œuvre. Elie coupe dans une feuille une piécebien circulaire & d u n diamètre proportionné à celui de■l’ouverture qui doit être bouchée; l’abeiile fait entrer cettepiéce dans le petit vase, Ôc l'ajuste un peu au-dessous deIon bord, parallèlement au fond. Sur cette première piécecirculaire, elle en pose 6c ajuste une seconde, 6c sur laseconde elle en applique encore une troisième ; ainsi elledonne à la cellule un couvercle fait de trois petites ron-delles aussi exactement appliquées contre ses parois, queie íbnt les fonds de nos tonneaux contre les douves.
II entre donc dans la construction de chaque celluledes pièces de deux figures, des pièces demi-ovales, 6c•des pièces circulaires. II faut assurément de l'adresse à lamouche pour courber les pièces ovales, pour mettre lescirculaires en place, 6c pour diípoíèr les unes 6c les autresde maniéré qu elles forment un petit vase bien clos. Maisil lui faut bien une autre habileté, ce semble, pour taillerces pièces, pour leur donner précisément les proportions6c les figures qui conviennent. C est ici que nous ne pou-vons nous empêcher d’admirer le grand Maître qui a ins-truit cette mouche. Elle se rend sur 1 arbre ou i’arbuste quipeut lui fournir l'étoffe, pour ainsi dire, dont elle a besoin;Ltprès avoir voltigé un peu au-dessus pour reconnoître íaTome VI c