20 MEMOIRES POUR L’HlSTOIREde mouches, où j’ai compté presque autant de femellesque d’ouvriéres.
Les petits bourdons, comme les femelles, font armés d’unaiguillon; mais on ne trouve dans leur intérieur aucune desparties propres à celles-ci, ni aucune des parties qui le fontaux mâles. Ces derniers, comme ceux des abeilles, fontdépourvus d’aiguillon; leur taille feule ne suffit pas pourles faire reconnoître; dans chaque nid on trouve des mou-ches d'une grandeur moyenne, de celle des mâles, qui por-tent un aiguillon, & dans le corps deíquelles la dissectionrfa pu me faire découvrir des parties de f un ou de fautresexe. On doit donc encore regarder ces bourdons degrandeur moyenne, comme des ouvriers; ainsi dans lemême nid, il y en a de deux tailles fort différentes, dontles uns apparemment font capables de faire des ouvragesque les autres ne pourroient exécuter. Les petits montparu plus agissants & plus adroits, Sc les grands font plusforts. Des quatre fortes de mouches qui íbnt dans chaquenid, Swammerdam ne semble en avoir connu que deux, en-core ne fçais-je s’il en a connu une des deux pour cequ’eileest. 11 dit n avoir trouvé dans le nid qu’une mere accom-pagnée de plusieurs mâles. II y a beaucoup d’apparencequ'il a pris pour des mâles, des ouvriers de la grande taille.
Ce n est pas au reste la íèule conformation des partiesqui m’a convaincu que les bourdons privés d’aiguillon fontles mâles, car je fuis parvenu à en observer un dans descirconstances qui ne meuroient pas permis de rester incer-tain fur son sexe. Le matin, vers la mi-Juillet, jotai unà un, avec une pince, tous les bourdons qui fe trouvèrentdans un nid; il n y en avoit que dix, trois bourdons desplus gros, & qui étoient par conséquent trois fémelles,trois bourdons de grandeur moyenne, Sc quatre ouvriersextrêmement petits. Tous furent mis dans un poudrier