24. MEMOIRES POUR l’HíSTOIREvîteíse sur ic corps. Ils ont été connus de tous les Natu-ralistes; mais Goedaert est, je crois, le seul qui ait imaginéqu’ils avoient été donnés aux bourdons pour leur bien,pour les tirer de leur indolence, de leur espece d’en-gourdistsement : des animaux pesants & lents, lui ontparu avoir besoin detre aiguillonnés par des animauxbeaucoup plus petits, mais très-actifs. Je ne sçais pour-tant si ces poux tirent leur nourriture du corps mêmedes bourdons, comme tant d’autres poux la tirent desanimaux fur lesquels ils vivent. II y a quelqu’apparencequ’ils ne cherchent qu a nettoyer, pour ainsi dire, lesparties du bourdon de la liqueur miellée dont elles fontsouvent mouillées, c’est-à-dire, qu’ils aiment cetteliqueut& qu’ils s’en nourrissent. Ce qui semble le prouver, c’estqu’on les voit courir à centaines, & quelquefois à milliersfur les gâteaux des nids. De ces gâteaux ils passent fur lecorps d’un bourdon, & quand celui à qui ils se sontattachés part pour la campagne, ils se laissent conduirepar-tout où il lui plaît de les voiturer, sûrs qu’il les ramè-nera en bon lieu. Je ne sçais rien de plus fur l’histoirede ces poux, je ne connois pas leur première origine;s’iís étoient de ceux qui subissent des métamorphoses, 011conjectureroit volontiers qu’ils viennent de ces petits versque nous venons de voir à millions dans íe corps desmeres bourdons; mais il n’y a presque rien pour appuyerune pareille conjecture, contre laquelle on peut faire beau-coup de bons raisonnements.
Les bourdons ont à craindre les pillages qui peuventêtre faits dans leurs nids par beaucoup d’autres insectes.Les fourmis font de ceux qu’ils ont à redouter ; ellesfont friandes de la pâtée qu’ils y mettent en provisionpour nourrir leurs petits. II m'est arrivé plus d’une foisíTavoirpíacé inconsidérément auprès des fourmiiliéres qui
font