des Insectes./. Mem . 29
terre 6c à approfondir des trous ronds. Leurs serres déta-choient des grains de terre, les premières jambes s’en íai-fissoient, 6c les pouífoient aux jambes de la seconde paire;óc celles-ci les mettoient à portée des dernières jambes quila jettoient le plus loin qu’il étoit possible. En un mot,je leur ai vû faire par rapport à la terre une manœuvresemblable à celle à laquelle elles ont recours, 6c qui a étéexpliquée ci-devant, pour conduire des brins de moussefur leur nid. II est assés vraisemblable que les bourdonsont besoin tantôt d’applanir, ôc tantôt de creuser le terreinoù ils veulent s’établir. Mais j’ai dans mon jardin de Cha-renton, un terrein fur le penchant d'une petite montagne,qui, fur une longueur de 1 5 à 20 pieds étoit percé detrous assés proches les uns des autres, dans chacun defquelsmon pouce pouvoit entrer plus d’à moitié, 6c qui tousavoient été faits par des bourdons. Le même bourdon quiavoit creusé un de ces trous avec beaucoup de travail, quiy avoit employé plusieurs heures, alloit en commencerun autre tout auprès. Ceux que j’ai vû occupés à cetteforte de besogne étoient des fém elles. Je croirois être enétat de deviner quel étoit leur objet, fi j'eusse vû parlafuite des nids se former dans cet endroit: on jugeroit avec tvraisemblance qu’elles y soudoient le terrein, pour choisirle plus convenable ; mais dans tout l’espace où tant de bour-dons ont travaillé successivement fous mes yeux, je n’aijamais trouvé même un nid commencé. On ne peut passoupçonner non plus que les bourdons souillent alors laterre pour chercher des aliments ou des matériaux propresa être transportés à leur nid, car on fçait assés où ils pren-nent les uns 6c les autres. II n’y avoit pas même dans cestrous des racines de plantes. C’est un exemple à joindre àtant d’au tres qui nous apprennent, que les causes des faits lesplus simples peuvent nous échapper. Je répéterai que les