Band 
Tome sixième.
Seite
189
JPEG-Download
 

des Insectes. F/. Mem. i89

bâillements semblent demander la becquée ; on voit íaguêpe la leur apporter; après qu’ils sont reçue, ils restenttranquilles, ils íè renfoncent pour quelques, instants dansleur petite loge. Les guêpes de la grosse eípece, les frelons,avant que de donner de la nourriture à leurs petits, leurpressent un peu la tête entre leurs deux serres.

Au reste les meres ne sçauroient suffire seules à distri-buer des aliments à tant de petits : très-souvent j y ai vûles mulets occupés. Je ne sçais st fattention de ces mouchesue va pas jusqu’à proportionner la nourriture a la forcedes vers; j'en ai observé qui ne donnoient qu une gouttede liqueur à succer à des vers déja gros; «Sc j’en ai observéqui donnoient à des vers encore plus gros des aliments so-lides. Une observation qui nsa été fournie par une guêpedu genre de celles qui attachent leur guêpier à des plantesou à des arbustes, semble prouver qu elles nourrissent leurspetits à la façon des oiseaux qui dégorgent, c’est-à-dire, deceux qui avalent íe grain, 6c le laissent un peu s’amoliir, sedigérer dans leur jabot, avant que de le faire passer dans lebec du jeune oiseau qui l’attend. Je remarquai sur un gâ-teau une rnere guêpe qui rapportoit de sa chasse un ventred’insecte: c etoit un très-gros morceau ; elle le fit entrer enpartie dans fa bouche, eilel’en fit sortir, & cela à bien desreprises, & parvint enfin à l’avaler tout entier. Dès que celafut fait elle parcourut les cellules du gâteau les unes aprèsles autres, & distribua aux différents vers des portions dece qu elle avoit fait passer dans son estomac, & quelle endégorgeoit. Je vis des vers à qui elle en avoit laissé desmorceaux si gros, qu’ils étoient à leur tour fort embarrassésà les avaler; ils y parvinrent pourtant.

Entre les guêpiers que j’avois logés dans des ruches vi-trées, il y en avoit quelques-uns dont j’avois emporté l’en-Veloppe en entier ou en partie, & ce font ceux qui mont

A a iij